Roadtrip en Abitibi-Témiscamingue, itinéraire dans le ‘Far West’ du Québec

Après vous avoir présenté le top 3 de nos coups de cœur dans la région (La Bannik, Le Refuge Pageau et Val d’Or), dans cet article je vais vous présenter l’itinéraire de notre roadtrip en Abitibi-Témiscamingue, une région méconnue du Québec que nous avons parcouru dans le cadre de notre voyage sur la Route des Explorateurs à l’Ouest du Québec.

L’Abitibi-Témiscamingue, une destination québécoise méconnue

L’Abitibi-Témiscamingue se situe à l’ouest du Québec et ça tombe bien car, en y arrivant après des heures de routes entourés de sapins et de lacs, on a vraiment le sentiment d’être dans le « Far West » ! C’est la région des bâtisseurs du Québec, la région des mines d’or, une région où la plupart des villes ont moins de 100 ans. Mais avant l’arrivée des pionniers, les Algonquins (ou Anishinabeg comme ils s’appellent eux-mêmes – « algonquin » voulant dire « ce sont nos alliés » et étant surtout employé par les autres pour parler d’eux) ont occupé ces terres pendant des milliers d’années. Le nom Abitibi-Témiscamingue (qu’on a fini par arriver à prononcer !) vient d’ailleurs de l’algonquin : Abitibi signifie « là où les eaux se séparent » et Témiscamingue « au lac profond ».

Si vous venez en Abitibi-Témiscamingue depuis Montréal, votre premier contact avec la région sera sans doute la magnifique Route 117, une belle ligne (presque) droite de plus de 200 kilomètres. Nous nous rendrons vite compte qu’il existe plein de « mythes » sur l’Abitibi-Témiscamingue : et l’histoire des personnes ayant fait demi-tour par peur en empruntant la route 117 est celle qui est revenue le plus de fois ! Les québécois qui ne sont jamais venus en Abitibi-Témiscamingue (c’est-à-dire la majorité!) ont vraiment une drôle d’image de la région. En fait, la réputation de l’Abitibi-Témiscamingue auprès des autres québécois nous a énormément fait penser à ce que les belges pensent de la région de Charleroi… Mais ça tombe bien, nous, nous n’avions aucun a priori sur la région, et ce fut l’une des plus belles découvertes de notre voyage.

Et fun fact, sur une partie de la Route 117, on roule littéralement sur l’or puisqu’on suit une partie de la Faille de Cadillac !

En ce qui nous concerne, nous ne sommes pas arrivés en Abitibi-Témiscamingue par la Route 117 mais par l’Ontario et l’Outaouais, après quelques jours à Ottawa et Parc de la Gatineau. 5 heures de route, entourés de lacs et presque seuls. Presque, car on a quand même croisé pas mal de camions transportant du bois… il y en a tellement dans le coin qu’un panneau de signalisation leur est dédié ! Mais plus on avance, plus les paysages sont sauvages et déserts.

 

Premier arrêt : Ville-Marie et le Fort-Témiscamingue

Le Fort-Témiscamingue

Après ces 5 heures de route, notre premier arrêt en Abitibi-Témiscamingue fut le Lieu historique national du Fort-Témiscamingue, un ancien poste de traite de fourrure, qui était le moteur économique de la région avant la découverte des mines d’or. A cette époque, le voyage depuis Montréal nous aurait pris 40 jours intensifs de canoë et portage ! Les 5 heures semblent rapides, tout à coup !

Le site actuel est une reconstitution de l’ancien poste de traite de fourrure en bordure du lac Témiscamingue. C’est ici qu’au 17ème siècle, les français de Montréal établissent un fort sur le chemin de la baie James/Hudson. Par la suite ce sera un lieu stratégique important pendant la lutte entre anglais et français pour le contrôle des territoires de trappe.

L’histoire nous est expliquée de manière originale par le personnel du site en version théâtrale et en costume d’époque, un type de visite que l’on retrouve beaucoup au Québec ! 

Adresses gourmandes à Ville-Marie et aux alentours

Voici les adresses gourmandes que nous avons eu l’occasion de découvrir à Ville-Marie et aux alentours.

Barbe Broue Pub

Au cœur de Ville-Marie se trouve le Barbe Broue Pub (au 69, Ste-Anne), le bar d’une microbrasserie locale qui propose de très chouettes bières. Le cadre est très sympa, il y en a pour tous les goûts et on aurait bien passé la soirée là si nous n’avions pas eu un jacuzzi qui nous attendait face au lac…

Le Ste-Anne

Un peu plus loin dans la rue (au 14, Ste-Anne) se trouve le Ste-Anne, un petit restaurant qui semble très populaire auprès des locaux. On peut y manger des croquettes de fromage réalisées avec le fromage en grains de la fromagerie Le Fromage au Village (ci-dessous), délicieux ! Ils ont également de très bons burgers et une belle sélection de bières de la région.

Le Fromage au Village

Nous en avons également profité pour visiter la fromagerie Le Fromage au Village à Lorrainville à 15 km de là. Après avoir mangé de la poutine à toutes les sauces, on en a enfin appris un peu plus sur le fromage en grains, qui est à la base de la poutine. En fait, il s’agit tout simplement de cheddar consommé très très jeune. Le « scrouitch scrouitch » que fait le fromage est ce que recherche vraiment les gens ici.

La fromagerie propose aussi d’autres fromages artisanaux faits à partir de lait provenant de fermes de la région. Leurs spécialités (outre le fromage en grains !) : l’Angelus, le Cru du clocher et la Fleur d’ail. 

Hébergement de charme en chalet avec spa privé à La Bannik

Ce soir-là, nous avons logé dans un chalet avec spa privé à La Bannik, face au lac Témiscamingue (et juste à côté du Fort-Témiscamingue). Ce fut notre hébergement préféré de ce voyage, c’est exactement tout ce que j’attendais du Québec ! Nous avons passé la soirée dans notre jacuzzi privatif, à observer le soleil se coucher sur le lac en dégustant un verre de vin de glace… On peut difficilement faire mieux, n’est-ce pas? Je me suis même levée tôt pour aller observer le lever de soleil à nouveau bien au chaud depuis le jacuzzi ! Quelle expérience… Plus d’infos dans mon article sur La Bannik.

Le T.E. Draper & le Chantier Gédéon

Le lendemain matin, nous avons pris la route en direction d’Angliers, où nous avons visité le T.E. Draper et le Chantier Gédéon, qui représentent deux facettes de l’exploitation du bois au Québec pendant la première moitié du 20ème siècle.

Le Chantier Gédéon est une reconstitution très réaliste d’un camp de bûcherons des années 30-40. Pendant l’hiver c’est dans des cabanements similaires que les bûcherons venaient couper les arbres en isolation quasi totale avec le monde extérieur. Les “billots” abattus étaient ensuite entreposés directement sur les lacs gelés. 

Au dégel et durant l’été, c’était ensuite la période de la drave qui consistait à regrouper les billots par centaines et à leur faire descendre les lacs et rivières jusqu’aux usines. En tant que plus puissant remorqueur de bois du circuit d’Angliers; le T.E. Draper était chargé de la partie finale du trajet.

Ce sont alors des milliers de billots qu’il faut remorquer sur une cinquantaine de kilomètres. Il n’était pas rare que les draveurs glissent et se noient ensevelis sous la couche de billots… C’est pourquoi, d’après notre guide, les salaires n’étaient d’ailleurs payés qu’en fin de mois… et seulement aux vivants.

Bref, un arrêt très intéressant si vous voulez en apprendre plus sur cette partie très importante de l’histoire du Québec !

Rouyn Noranda, le « Far West » québécois

Nous nous remettons ensuite en route en direction de Rouyn-Noranda, où nous arrivons in extremis après avoir failli manquer d’essence (un petit conseil, ne descendez pas en dessous de 25% de réservoir, les pompes à essence ne sont pas nombreuses par ici…).

Rouyn-Noranda est une « boom town » née suite à l’ouverture de mines dans la région (il y en a d’ailleurs encore aujourd’hui). Pour comprendre la ville, on vous recommande de commencer par une visite historique de celle-ci.

La ville de Rouyn-Noranda a débuté dans les années 20-30 à la suite de la découverte d’un gisement de cuivre. Rouyn et Noranda étaient initialement deux villes distinctes séparées à la fois par une rivière, par leur langue et par leur mentalité.

D’après notre guide, Noranda, la ville des anglais, était plus ou moins sous le contrôle de la compagnie minière qui y a imposé un plan de construction et un contrôle plus stricte (interdiction de l’alcool et couvre feu). Et de fait, aujourd’hui encore, on y retrouve encore des quartiers plus bourgeois et des maison quatre façades plus cossues.

A l’inverse, Rouyn, la ville française, était la ville de « débauches » où les mineurs de Noranda venaient dépenser leurs salaires. Bâtie sans plan d’urbanisme, Rouyn va se développer en accueillant les communautés étrangères venues pour travailler dans les mines (la très belle Eglise orthodoxe russe de Rouyn se visite d’ailleurs).

Une visite au Magasin général Dumulon s’impose également. Ce fut le premier magasin général de la ville, qui permettait de ravitailler les prospecteurs et les pionniers de Rouyn. A l’époque, il fallait 3 mois pour que les produits arrivent depuis Montréal ! Mais Jos Dumulon et sa famille étaient arrivés trop tôt : le magasin fit faillite au début de l’essor de la ville. Le magasin a été reconstruit et est aujourd’hui un musée très pédagogique (qui organise également des visites en costumes). 

Les deux villes de Rouyn et Noranda seront finalement regroupées en 1986. Rouyn-Noranda reste une région très polluée à cause des déchets toxiques rejetés par les mines et les usines. Mais des efforts sont faits pour arranger les choses. 

Aujourd’hui, Rouyn-Noranda est la capitale culturelle de l’Abitibi-Témiscamingue : elle abrite un Musée d’art, plein de street art, et de nombreuses manifestations culturelles chaque année.

Nous avons d’ailleurs assisté à l’une des pièces de théâtre déambulatoires Ma Noranda que propose chaque été le Petit Théâtre du Vieux-Noranda. La pièce de théâtre se déroule dans les rues de la ville, et c’est vraiment une expérience insolite, du théâtre de l’absurde dans toute sa splendeur…

Les bonnes adresses de Rouyn-Noranda

Si le théâtre ce n’est pas votre truc, mieux vaut passer votre soirée dans l’une des adresses gourmandes de Rouyn-Noranda, et il y en a pas mal !

Le Pizzé

Situé sur l’avenue principale de Rouyn-Noranda (au 122), le Pizzé est un restaurant animé, parfait pour un lunch. Manger de la pizza avec des frites? C’est normal ici !

Le Trèfle Noir

Nous avons également continué notre tournée des microbrasseries québécoises en allant déguster quelques bières à la brasserie artisanale Le Trèfle Noir (145 avenue principale).

Bistro Paramount

Nous avons soupé au Bistro Paramount (15 Gamble Ouest), un restaurant original situé dans un ancien cinéma. Des films muets sont d’ailleurs diffusés dans la salle du restaurant. Nous y avons notamment mangé un énorme et délicieux mac & cheese !

Best Western Plus Hôtel Albert

Enfin, nous avons passé la nuit dans un hôtel très central, Best Western Plus Hôtel Albert, dans une chambre de style motel, tout confort. On a bien aimé le petit-déjeuner à la carte, très copieux.

Pikogan, focus sur les Premières Nations

Le lendemain, nous prenons la direction de la communauté de Pikogan, une réserve autochtone où nous allons échanger avec deux Algonquins – plus précisément des Anicinape. Pikogan veut dire tipi en Algonquin, et c’est d’ailleurs la forme de l’église de Pikogan (la plupart des Premières Nations se sont en effet convertis à la religion catholique).

Loin des activités pour touristes, une visite à Pikogan permet d’en apprendre plus sur l’histoire des premières nations en discutant avec les personnes qui ont encore connu le mode de vie en forêt puis les pensionnats. Une partie sombre de l’histoire du Québec dont on parle peu.

Durant cet échange (plus que visite), André Mowatt et Roger Wylde, deux Anicinabe, nous ont raconté leur histoire tout en préparant le pain traditionnel, la bannik. C’était un moment très touchant…

Pour savoir quand sont organisées ces visites, ou d’autres événement autochtones ouverts au grand public, vous pouvez jeter un œil sur cette page Facebook.

Amos et le Refuge Pageau

Notre prochain arrêt fut Amos, où se trouve le fameux Refuge Pageau, un de nos gros coups de cœur de ce voyage dont je vous ai déjà parlé également. Le refuge recueille des animaux blessés, malades ou orphelins, leur but étant d’en relâcher au maximum ! Une visite passionnante que je vous raconte en détails dans mon article dédié.

A Amos, nous avons également mangé à l’Amalgame Pub Urbain (653, 1ère Avenue Ouest), un très chouette endroit pour manger de la comfort food comme les québécois savent si bien la faire. Fun fact : c’est ici qu’on a découvert une bière locale originale… la « Mons », brassée par un belge dont je vous laisse deviner l’origine ! 

Val-D’or, région des mines d’or

Notre dernier arrêt en Abitibi-Témiscamingue fut Val-D’or. Nous avons dormi dans l’ancienne cité minière (aux jolies maisons en bois rond) de Bourlamaque, à l’historique Auberge de l’Orpailleur, avant de descendre dans la mine à la Cité de l’Or.

A nouveau, je vous raconte tout, y compris mes bonnes adresses gourmandes (et la meilleure microbrasserie testée !) à Val-D’or, dans cet article dédié.

La Route 117… vers de nouvelles aventures !

C’est par la Route 117 dont je vous parlais en début d’article que nous avons quitté l’Abitibi-Témiscamingue. C’est parti pour 4h de route direction les Laurentides et presque 300km tout droit sur la route 117, celle qui fait peur à beaucoup de québécois mais qui est si belle.

On nous avait dit que la 117 et la réserve de la Vérendrye ne seraient qu’un enchaînement de sapins et de lacs à perte de vue… On ne nous avait pas menti ! On se sent vraiment sur la route des explorateurs…

Il y a de nombreux endroits pour s’arrêter et profiter du paysage mais celui qui nous avait été recommandé et que je vous recommande, c’est la Chute du Lac Roland, une magnifique chute d’eau tout juste en bordure de route !

Comme vous l’aurez compris, dans le prochain article je vous emmènerai (enfin !) à la découverte de la dernière région de ce voyage : les Laurentides.

Cette étape de notre voyage sur la Route des Explorateurs a été réalisée avec l’aide de Tourisme Abitibi-TémiscamingueAir Transat et l’agence de voyage Go to Canada. Mon opinion reste, comme d’habitude, entièrement indépendante.

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