Mon voyage gourmand dans le Centre du Portugal

En novembre dernier, je suis retournée dans le Centre du Portugal pour un voyage très, très gourmand ! C’était déjà mon deuxième voyage dans cette belle région du Portugal, et je suis à nouveau tombée sous le charme…

Lors de mon premier voyage dans la région, nous avions suivi le chemin de la porcelaine et de la céramique (avec notamment les fameux azulejos), une des grandes spécialités du Centre, de Caldas da Rainha à Vista Alegre. Nous nous étions également arrêtés dans quelques endroits incroyables, comme le Palais de Buçaco (qui reste un des endroits les plus féériques que j’ai pu voir en Europe), la ville Art Nouveau d’Aveiro ou encore la ville littéraire d’Obidos.

Le Centre du Portugal pour les gourmands

Cette fois-ci, le voyage était axé sur la découverte des spécialités locales et les vins de la région, entre mer et montagne. Nous avons commencé le voyage en retournant dans la région côtière près d’Aveiro, que j’ai retrouvé avec plaisir, avant de s’enfoncer dans les terres à la découverte de spécialités authentiques et des vignobles du Centre.

Mon coup de cœur de ce voyage aura été le Aliança Underground Museum, un musée d’art occupant d’anciennes caves à vin, dont je vous ai déjà parlé dans un article dédié. Si vous voyagez entre Porto et Lisbonne, encore une fois, foncez-y, ça vaut le coup !

Dans ce deuxième article, je retracerai plus en détails notre itinéraire et les découvertes gourmandes que nous avons pu faire dans la région: morue, anguilles et conserves de poisson côté Altantique, la région viticole de Barraida, également spécialisée dans le porc de lait à la broche, et enfin les produits fermiers dans la région du parc naturel de Serras de Aire e Candeeiros.

Le lagon d’Aveiro

Après un vol sans encombre avec la compagnie aérienne portugaise TAP et une route assez rapide depuis l’aéroport de Porto, nous faisons une première étape près du lagon d’Aveiro (Ria de Aveiro), un magnifique lagon d’environs 45 kilomètres de long, un endroit parfait pour l’observation des oiseaux, grâce à son écosystème unique qui permet également l’aquaculture (avec notamment la culture des algues qui se développe actuellement), la pêche (en utilisant encore des petits bateaux traditionnels) et la production de fleur de sel.

En bordure du lagon d’Aveiro, nous avons déjeuner au restaurant A Peixaria situé près de la plage et de la réserve naturelle de S. Jacinto. Le restaurant ne paie pas de mine mais il est réputé pour ses préparations à base de poissons ultra frais. J’en garde un souvenir mémorable, peut-être même le meilleur repas de poisson que j’ai pu faire jusqu’à présent au Portugal, c’est dire ! C’est ce que j’appelle commencer un voyage en beauté. Nous avons pu y goûter un des plats typiques de la région, l’anguille, préparée dans un genre de ragoût avec des pommes de terre et une divine sauce au vinaigre et safran. On a également partagé deux autres plats en sauce à base de fruits de mer, tout aussi divins !

Du poisson frais aux conserves de poisson

Si vous avez déjà été au Portugal, vous savez certainement déjà que, malgré l’abondance de poissons frais, les portugais adorent les conserves de poisson et les salaisons. D’ailleurs, la fameuse morue ou « bacalhau », plat emblématique du Portugal, ne vient en réalité pas des côtes portugaises… on y reviendra un peu plus bas !

Nous avons visité l’une des usines de conserves de poisson de la région, la conserverie Comur à Murtosa. Celle-ci ne se visite normalement pas, mais vous pouvez vous rendre au Comur Museum (fermé le lundi), situé dans l’ancien bâtiment de la conserverie, pour en découvrir plus sur le sujet ! Comur est connue pour ses conserves d’anguilles frites, une vieille tradition portugaise. On a l’impression que peu de choses ont changé au fil des années dans la conserverie. Nous observons les ouvrières préparant encore manuellement le contenu de chaque boîte de conserve: un travail minutieux, incroyable ! Il n’y a que l’ajout de l’huile et la fermeture des boîtes qui sont aujourd’hui mécanisés. Bien sur on y produit également des conserves de sardines, de bacalhau, de moules (épilées une par une !), etc. Si vous passez dans la région, n’hésitez pas à vous en procurer quelques unes. Mais n’oubliez pas qu’il s’agit de « liquide », si vous prenez l’avion avec uniquement un bagage à main !

Ilhavo et l’ancien village de pêcheurs de Costa Nova

J’ai également eu l’occasion de refaire un tour dans le charmant ancien village de pêcheurs de Costa Nova, avec ses petites maisonnettes traditionnelles colorées, auparavant utilisées pour stocker le matériel de pêche, et aujourd’hui devenues des maisons de vacances à louer à la semaine ou au mois durant la saison. C’est vraiment un quartier sympathique pour se balader, aller faire un tour au marché au poisson (et voir les pauvres petites anguilles achetées toujours vivantes…), et prendre l’air sur la plage.

On y trouve également pas mal de petits restaurants, spécialisés dans les préparations de poissons frais bien entendu. Nous avons mangé au restaurant Canastra do Fidalgo, une autre très bonne adresse avec une ambiance très conviviale.

La folle histoire du bacalhau

A Ilhavo se trouve également le musée maritime (Ilhavo Maritime Museum), consacré aux traditions de pêche dans la région.

Ce qui m’a surtout intéressé lors de la visite guidée, c’est la folle histoire de la pêche du cabillaud. Car comme je vous le disais, celui-ci n’est pas pêché au large du Portugal ! En effet, jusqu’à il y a peu, les pêcheurs portugais partaient la moitié de l’année pour faire la « Faina Maior« , la pêche au cabillaud dans les eaux du Newfoundland et du Groenland. Oui, ils faisaient la route jusque là pour ramener du bacalhau, et ils ne posaient qu’une fois ou deux les pieds sur la terre ferme pendant ce long voyage. Les pêcheurs dormaient à plusieurs sur un bateau où était également entreposé le poisson pêché qui était directement salé, et passaient leur journée seuls dans une petite embarcation en plein milieu de l’océan, pêchant le cabillaud avec des fils et des crochets. Incroyable de voir les conditions de vie de ces hommes ! Et dire que beaucoup choisissaient tout de même ce mode de vie pour éviter de devoir faire leur service militaire ou partir à la guerre…

Le bacalhau est toujours aussi populaire au Portugal aujourd’hui, même s’il n’est plus pêché dans les mêmes conditions. Il existe même une confrérie du bacalhau, et nous avons été manger dans le petit restaurant où ils se retrouvent généralement, le restaurant A Bela Ria. Il faut savoir que les portugais mangent tout dans la morue, de la tête jusqu’aux entrailles. Une des façons les plus connues de la préparer, c’est en beignet. Certaines préparations sont assez spéciales (il faut aimer le sel…), mais pour une expérience authentique je vous conseille ce petit resto !

Aveiro et le Montebelo Vista Alegre Ílhavo Hotel

Pour la première partie de ce voyage, nous avons séjourné près d’Aveiro au Montebelo Vista Alegre Ilhavo Hotel, l’hôtel du complexe Vista Alegre (l’une des fabriques de porcelaine les plus réputées au Portugal), que j’avais visité lors du voyage précédent. J’ai séjourné dans l’une des chambres de la nouvelle partie de l’hôtel, et j’ai pu enfin profiter de la belle piscine qui m’avait fait de l’œil la fois passée. Mention spéciale aussi pour le petit gin tonic aux algues du lagon !

Comme nous n’étions pas loin, nous avons également été refaire un petit tour dans la Venise Art Nouveau du Portugal, Aveiro. Je me suis baladée dans l’ancien quartier des pêcheurs, avec ses petites maisons couvertes de tuiles.

L’autre spécialité de la région d’Aveiro, ce sont les « ovos moles« , des petits bonbons qui ressemblent à des hosties fourrées aux jaunes d’œuf… qui peuvent aussi se manger à la cuillère !

La région viticole de Bairrada

Nous avons ensuite quitté la côte pour rejoindre l’intérieur des terres et la région viticole de Bairrada, qui se situe entre l’océan et la Serra do Buçaco. La région est surtout connue pour ses vins mousseux, qui accompagnent à merveille la spécialité gastronomique de la région, le « leitão assado », le cochon de lait rôti.

Plusieurs caves ou domaines de la région peuvent se visiter, mais c’est par un visite un peu particulière que nous avons débuté, le Aliança Underground Museum dont je vous parlais plus haut et dans cet article, une très chouette visite insolite suivie d’une première dégustation de vin.

Nous avons ensuite visité l’ultra-moderne établissement viticole (doublé d’un restaurant) de Quinta do Encontro à São Lourenço do Bairro. J’ai rarement vu des cuves à vin dans un environnement aussi moderne, très beau travail de l’architecte portugais Pedro Mateus qui a pensé le bâtiment comme un tire bouchon (il n’y a pas d’escaliers !) en forme de tonneau de vin. Un très bel endroit, qui produit une belle gamme de vins dont certains plusieurs fois primés.

Comme je vous le disais, la spécialité du coin c’est le cochon de lait cuit à la broche, ce ne sont pas les petits restos qui manquent dans le coin pour le déguster mais nous avons été dans celui qui est le plus populaire auprès des locaux et ouvert toute l’année, le restaurant Típico da Bairrada. Les cochons de lait de Mealhada sont rôtis dans un four au feu de bois juste à côté et vu le roulement, vous ne pouvez pas manger plus frais ! Les cochons de lait sont ici un peu plus grands que ceux que j’avais mangé côté espagnol (comme à Ségovie), ils sont donc un peu moins gras et ils sont fourrés avec une sauce spéciale très poivrée que j’ai beaucoup aimé. Un vrai festin !

Le parc naturel de Serras de Aire e Candeeiros et l’hôtel Cooking & Nature

Pour la dernière étape de notre voyage, direction le parc naturel de Serras de Aire e Candeeiros, où se trouve un hôtel design également parfait pour les foodies: le Cooking & Nature – Emotional Hotel. L’hôtel se situe au milieu des montagnes, en plein milieu du parc naturel, dans une vallée qui est en général assez aride – sauf que nous y avons séjourné le seul jour de pluie de la saison, pas de bol ! ;)

Du coup nous n’avons pas énormément exploré les environs, mais l’hôtel est une destination en soi… Chaque chambre a été créée à partir d’un film (Moulin Rouge, Out of Africa, Avatar,…). La mienne était décorée dans le thème du film la Marche de l’Empereur ! A l’arrivée, on reçoit un petit sac avec les clés, des infos sur la région, et le DVD du film de sa chambre pour pouvoir le regarder pendant le séjour. Assez sympa !

En cette journée bien hivernale, on a pu profiter du salon avec son petit feu qui nous a bien réchauffé, et nous avons participé à un cours de cuisine le soir. Il y a également un espace bien-être et une piscine à la belle saison.

Le petit village rural d’Alvados où se trouve l’hôtel est une bonne base pour partir à pied à la découverte du parc naturel de Serras de Aire e Candeeiros, il y a plusieurs chemins de randonnée possibles. Pour le coup, et malgré les oliviers, les paysages avaient un petit air d’Irlande avec la brume qui s’est levée assez tard ! Nous nous sommes tout de même baladé un peu pour rejoindre une ancienne forêt de chêne. L’eucalyptus est également très présent dans la région.

Nous avons terminé le voyage aussi bien que nous l’avions commencé, avec un délicieux lunch au restaurant de la Cooperativa Terra Chã, une coopérative agricole locale, qui propose des produits locaux avec une vue imprenable sur les montagnes. Et manger du fromage de chèvre en voyant les chèvres gambader juste en face, ça n’a pas de prix: vive le kilomètre zéro ! (sans parler du plateau de desserts au jaune d’œuf, succulents !)

Je vous donne rendez-vous dans quelques semaines pour la suite de mes aventures au Portugal, dans une région que je ne connais pas encore cette fois-ci…

Reportage pour Visit Portugal et Center of Portugal

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