Roadtrip en Alentejo : une journée à Evora

Pour mon premier long weekend de l’année, je suis partie au Portugal (eh oui, encore, je ne m’en lasse pas !) mais cette fois-ci pour découvrir une région que je ne connaissais pas encore : l’Alentejo. Une région bien moins touristique et très différente de Lisbonne, Porto et de la région du Centre, que j’avais visités lors de mes précédents voyages au Portugal. Le fil conducteur de ce premier voyage en Alentejo? Les sites UNESCO, les vins et la gastronomie… un beau programme, n’est-ce pas?

Bref, après avoir récupéré notre voiture de location à Lisbonne, nous avons donc commencé directement par la visite de la jolie ville d’Evora, une ville historique dont le centre-ville est classé au Patrimoine Mondial de l’UNESCO et arrêt immanquable de tout roadtrip en Alentejo !

Visite du centre-ville UNESCO d’Evora

J’ai retrouvé à Evora tout ce que j’aime au Portugal : les rues pittoresques, les places vivantes, le bon vin, l’accueil toujours aussi chaleureux des portugais mais surtout, ce qui me manquait depuis des mois en Belgique… le soleil ! Et je peux vous dire qu’un grand ciel bleu au mois de février, ça fait un bien fou.

En arrivant dans la ville, la première chose que l’on voit, ce sont ses grands remparts qui entourent encore le centre historique médiéval de la ville.

Nous avons commencé la balade dans le haut de la ville, près du Temple de Diane, un temple romain du 2ème siècle qui témoigne du passé romain de la ville. Il ne m’en a pas fallu plus pour déjà tomber sous le charme d’Evora ! Ce n’est pas le seul vestige romain de la ville, on a aussi pu apercevoir l’ancien aqueduc romain qui a été en partie préservé lui aussi.

Juste à côté se trouve le Musée d’Evora et la Cathédrale d’Evora.

Mais c’est l’heure de faire un peu de shopping dans la rue Cinco de Outubro. L’Alentejo est le premier producteur mondial de liège (on allait vite s’en rendre compte en traversant les champs de chêne-lièges à perte de vue durant le voyage !) et ce matériau n’est pas utilisé que pour faire des bouchons de liège contrairement à ce qu’on pourrait le croire. Sacs à main, chaussures, bijoux, accessoires et décorations… Ici, vous pourrez vous procurer tout et n’importe quoi en liège ! C’est pour moi une alternative très intéressante au cuir, végétalienne et responsable puisque les arbres peuvent produire du liège pendant des décennies, et contribuent même à préserver les espaces naturels puisque ce sont des cultures qui demandent de très grandes surfaces de terre (c’est étonnant de voir si peu d’arbres, mais apparemment les arbres ne peuvent pas être plus serrés que ça !). Pour terminer cette petite parenthèse, voici à quoi ressemblent les champs de liège (« cork trees » en anglais), même si je vous en reparlerai plus tard !

J’avais déjà un sac en liège acheté à Porto que j’adorais, vous pensez bien que j’ai été obligée de recraquer (plusieurs fois…) pendant ce voyage. Si vous aimez les motifs travaillés, si vous cherchez quelque chose de très particulier, c’est à Evora et plus précisément juste en face de la Cathédrale dans la rue Cinco de Outubro que vous avez le plus de chance de trouver votre bonheur. C’est ici que sont concentrés tous les magasins de liège. Par contre, si comme moi vous aimez les sacs et accessoires plus simples, vous trouverez de meilleurs prix sur les marchés locaux (mais avec moins de choix).

En bas de la rue se trouve la place centrale d’Evora : la Praça do Giraldo. Avec ses terrasses, c’est l’endroit parfait pour prendre un verre au soleil quand il fait beau ! Nous rentrons brièvement dans l’Eglise de Santo Antonio avant de continuer la visite.

Un peu plus loin, nous arrivons à l’Eglise de São Francisco, qui est surtout connue pour son impressionnante Chapelle des Os, construite avec les crânes et les os des anciens moines du monastère !

Le restaurant Dom Joaquim

Après cette balade apéritive, c’est l’heure de manger ! Nous découvrons la gastronomie de l’Alentejo (et ses vins) au restaurant Dom Joaquim. L’incontournable dans la région, c’est le porc noir, l’équivalent portugais du « Pata Negra » puisque ici aussi les porcs sont élevés dans les champs de chênes-lièges et se nourrissent de leurs glands, c’est ce qui donne cette viande aussi particulière. Ici, le porc est souvent accompagné de « migas de paõ », un accompagnement très particulier à base de pain, auquel peuvent être mélangés différents ingrédients et notamment les asperges, autre spécialité locale.

Fin de la balade à Evora, dans les petites rues si pittoresques…

 

Le Cromlech des Almendres et les sites néolothiques de la région d’Evora

Nous quittons ensuite le centre d’Evora pour découvrir les alentours et notamment un site impressionnant : le Cromlech des Almendres, qui est le plus grand complexe mégalithique de la Péninsule Ibérique, et l’un des plus importants d’Europe. On pense que le site a été construit entre le 6ème et le 4ème millénaire avant JC, et est particulièrement bien conservé. Le site est donc bien plus ancien que Stonehenge, et pourtant il est beaucoup moins connu ! Nous sommes presque les seuls touristes sur ce site splendide et libre d’accès. Le « Cromelech » comprend une centaine de menhirs de diverses formes et dimensions. Si le site avait un caractère sacré et symbolique, sa fonction précise reste inconnue… Dans la région d’Evora se trouve toute une série de sites néolithiques (mêmes si les autres sont plus petits), leur exploration peut vous occuper pendant une bonne journée si vous aimez ce type d’endroits !

Le vignoble de Cartuxa

Changement d’ambiance, puisque nous finissons la journée par une dégustation de vin au vignoble de Cartuxa, souvent considéré comme l’un des meilleurs du Portugal. La Adega de Cartuxa d’un vignoble un peu particulier puisqu’il appartient à la Fondation Eugenio de Almeida, une oeuvre de charité privée qui reverse le bénéfice de ses productions (ils produisent également de l’huile d’olive) pour le développement de la région d’Evora, avec notamment des projets industriels et agricoles. Le vignoble de Cartuxa existe depuis la fin du 19ème siècle, et le vin est actuellement produit près de l’ancien Monastère de Cartuxa, dans ce qui était l’ancienne salle à manger d’une propriété jésuite. Le vignoble s’étend sur 300 hectares et produit plusieurs types de cépages : Roupeiro, Antão Vaz et Arinto pour les rouges, et Aragonez, Trincadeira et Tinta Caiada pour les blancs. Cartuxa est en particulier connu pour son Pêra Manca, un vin exceptionnel (plusieurs centaines d’euros la bouteille, chose très rare pour un vin portugais !) uniquement mis en bouteille quand le millésime est jugé assez satisfaisant par les vignerons. Les gammes de vin en dessous de celui-ci sont pourtant très intéressantes également, notamment le Cartuxa Reserva rouge, mon coup de cœur de la dégustation. Des visites guidées avec dégustations peuvent être organisées en français, sur réservation.

Le Café Alentejo

Nous revenons ensuite dans le centre-ville d’Evora, pour un repas au Café Alentejo, un des restaurants historiques de la ville. Le Café Alentejo est une vieille taverne qui se trouve dans un bâtiment datant du 15ème siècle et qui était autrefois une auberge royale. On y mange une cuisine typique de l’Alentejo a des prix démocratiques, accompagnée d’une très belle sélection de vin. Je vous recommande en particulier leur queue de bœuf ultra fondante, je me suis régalée !

Le Vitoria Stone Hotel

Nous avons passé la nuit à Evora au Vitoria Stone Hotel, un hôtel design (mettant en avant le liège, bien évidemment !) qui se situe juste en dehors des anciens remparts mais à distance de marche du centre-ville. Nous étions hors saison, mais en haute saison l’hôtel possède une piscine sur son toit, avec vue panoramique sur le centre d’Evora ! Mais la vue depuis la salle du petit-déjeuner était déjà parfaite, surtout avec la sélection de produits portugais et de produits frais, un des meilleurs petits-déjeuners d’hôtel que j’ai pu avoir au Portugal.

Artisanat local : les sonnailles

Sur le chemin du retour vers Lisbonne a la fin du roadtrip, nous avons refait un arrêt dans la région d’Evora, je vous en parle donc dans cet article. Puisque l’un des thèmes de ce voyage était le patrimoine classé à l’UNESCO, nous nous sommes arrêtés pour découvrir le travail de Chocalhos Pardalinho à Alcaçovas, la dernière entreprise à produire des « sonnailles » (cloches pour bétail) dans la région selon une méthode traditionnelle (et qui remonterait à l’époque romaine !), inscrit en 2015 sur la liste du patrimoine culturel immatériel à l’UNESCO nécessitant une sauvegarde urgente. Ces sonnailles sont harmonisées, et chaque berger peut ainsi reconnaître ses animaux grâce à leur son particulier. C’est assez fou ! Si vous ne passez pas par là, j’en ai vu aussi à vendre sur le marché d’Estremoz.

Dans mon prochain article, je vous emmènerai découvrir Estremoz, la deuxième étape de ce roadtrip en Alentejo !

Je remercie Visit Portugal et Visit Alentejo pour l’invitation.

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