Rovos Rail, l’Afrique du Sud en train de luxe : mon avis & carnet de bord

Si vous me suivez sur les réseaux sociaux, vous savez que je reviens d’un voyage de rêve en Afrique du Sud. Après être tombée amoureuse du continent africain l’année passée en Ouganda, j’avais envie de récidiver rapidement et c’est finalement vers l’Afrique du Sud que mon choix s’est porté pour ce deuxième safari. Un safari exceptionnel dans tous les sens du terme (je vous en reparlerai plus en détails dans les prochains articles) qui fut entrecoupé par une expérience tout aussi unique : notre voyage à bord du train le plus luxueux au monde, le Rovos Rail.

Visiter l’Afrique du Sud en train de luxe, qui plus est un train dont l’atmosphère nous fait également voyager dans le temps, est l’un de mes plus beaux souvenirs de voyage à ce jour. Tout comme pour les safaris, je crois que l’on devient vite accro à ce mode de voyage ! Dans cet article, je vais vous raconter dans les détails mon expérience à bord du Rovos Rail et je partagerai avec vous mon carnet de bord détaillé d’un de leurs trajets les plus populaires, entre Le Cap et Pretoria.

La belle histoire du Rovos, un train pas comme les autres

Mais avant toute chose il me semblait essentiel de vous parler de la belle histoire du Rovos, qui illustre bien la philosophie qui se cache derrière ce train pas comme les autres. (Si vous voulez en venir directement au vif du sujet, passez directement au point suivant.)

L’histoire du Rovos commence avec Rohan Vos (Ro-vos, la pièce tombe?). Mécanicien passionné, il est invité en 1985 par un de ses clients à un voyage en train et c’est immédiatement le déclic dans sa tête. Il passera d’ailleurs l’essentiel du voyage à discuter avec le mécanicien du train.

Rohan Vos décide la même année de racheter 4 wagons aux enchères pour les retaper et les transformer en caravane familiale améliorée, qu’il compte accrocher à un train classique. Il se rend toutefois rapidement compte des difficultés à travailler avec la société de chemin de fer et décide d’acheter et de retaper une vieille locomotive (de 1938 !) afin de ne plus dépendre des trains classiques. Il appellera la locomotive Bianca, du nom de sa fille. Car Rovos Rail, c’est avant tout une belle histoire de famille.

Le train est finalement lancé le 29 avril 1989 avec une locomotive et sept wagons sur un trajet de 4 nuits dans la région du Mpumalanga (à l’est de Pretoria). La liaison Pretoria-Cape Town (le trajet que nous avons parcouru) commence quant à elle en 1991.

Les débuts sont difficiles pour Rovos. Pour établir une réputation de compagnie sérieuse et fiable le train doit tenir un planning serré et, comme la demande ne suit pas, il roule souvent à perte. Les ennuis financiers s’accumulent et Rovos évite de peu la faillite en 1993. C’est en effet à ce moment là que Rohan Vos, en visite à Londres pour un salon de tourisme, noue un partenariat avec l’agence Jules Verne. Ils créent pour l’occasion une nouvelle ligne du Cap aux Chutes Victoria et en font la publicité dans les journaux anglais. Le succès est au rendez-vous et quatre trains entiers sont rapidement réservés. L’argent des réservations rembourse banquiers et fournisseurs, la faillite est évitée et l’aventure Rovos peut continuer ! La machine était alors lancée pour de bon.

Rovos rythme depuis la vie de la famille Vos. Toute la famille travaille au sein de l’entreprise et les locomotives portent le nom des enfants: Brenda, Bianca, Tiffany et Shaun. La société emploie aujourd’hui près de 500 personnes, du personnel de bord aux ouvriers rénovant en permanence les vieux wagons rachetés par la famille. J’ai pu apercevoir les ateliers dans leur gare privée de Pretoria, c’est vraiment impressionnant. Ces petits bijoux qui nous font voyager dans le temps étaient auparavant semblables à tous ces trains « standard » que nous avons croisés durant le voyage. Rovos n’en garde que la carcasse : la restauration des wagons est un véritable travail de titan.

Impressionnant avant/après

Le 29 avril 2019, Rovos fêtera ses 30 ans et on leur souhaite encore de très belles années à venir (ce dont je ne doute pas) !

Voyager avec Rovos Rail en pratique

Les différents trajets possibles

Aujourd’hui, Rovos Rail propose des trajets allant de 3 jours à 2 semaines, et permettant d’explorer l’Afrique du Sud mais aussi d’autres parties du continent africain.

Il existe 3 trajets courts avec départs réguliers :

  • Cape Town – Pretoria (3 jours/2 nuits)
  • Durban safari (3 jours/2 nuits)
  • Victoria Falls (4 jours/3 nuits)

A côté de ces trajets les plus populaires, il existe des trajets plus longs :

  • Golf Safari : 10 jours entre Pretoria et Le Cap
  • African Collage : 10 jours entre Pretoria et Le Cap
  • Namibia Safari : 9 jours entre Pretoria et Walvis Bay en Namibie
  • Dar es Salaam : le trajet le plus long, reliant en 15 jours Le Cap à Dar es Salaam en Tanzanie, via notamment la réserve de Madikwe, le Botsawana, le Zimbabwe et la Zambie.
  • Et à partir de juillet 2019, un trajet encore plus épique verra le jour : le « Trail of Two Oceans » qui partira de Tanzanie pour rejoindre l’Angola via la Zambie et le Congo.

Il est aussi possible de combiner plusieurs voyages entre eux. Par exemple, une partie des passagers qui voyageaient avec nous continuait le jour d’après jusqu’aux Chutes Victoria (ce qui fait donc un total de 5 nuits dans le train pour relier Le Cap aux chutes les plus connues d’Afrique).

Le prix et les dates

Comme vous vous en doutez, une telle expérience a bien sur un prix. Il ne faut pas oublier qu’il y a énormément de personnes qui travaillent dans l’ombre pour rendre cette expérience unique, en plus du déjà nombreux personnel de bord. Un trajet en train Rovos Rail n’est pas à la portée de toutes les bourses, mais c’est pour moi une expérience à vivre une fois dans votre vie (au moins !), que ce soit pour célébrer une occasion particulière ou simplement pour les amoureux des voyages à l’ancienne comme nous.

Pour vous donner une idée de prix, il faut compter environ 1300€ par personne pour la cabine la moins chère (« Pullman Suite ») sur le trajet (3 jours/2 nuits) que nous avons effectué, et environ 1950€ par personne pour une « Deluxe Suite » comme la nôtre. Les tarifs incluent toujours le logement sur base d’une cabine double, tous les repas et les boissons (alcool compris) à bord du train, et toutes les excursions. Ce tarif « tout compris » vous assure de ne devoir payer aucun supplément pendant votre voyage, vous pouvez prévoir votre budget à l’avance.

N’oubliez pas non plus que vous devez considérer le budget total de votre voyage en Afrique du Sud, car je ne pense pas que vous irez jusque là uniquement pour 3 nuits. Par exemple, pour le voyage de 17 jours en Afrique du Sud (et Swaziland) que nous avons fait, avec l’essentiel des nuits dans des lodges de luxe ou des hébergements de charme au minimum, plus ce voyage en train, il faut compter 4500€ par personne (9000€ par couple), avion compris (je précise que nous avons tout planifié par nous-mêmes sans passer par une agence de voyage). Cela permet de relativiser : en effet, ça reste moins cher que le budget de mes 10 jours en Ouganda (5000€ par personne), une expérience toute aussi unique mais qui fut pourtant moins luxueuse.

Vous pouvez consulter toutes les dates et les prix sur le site internet de Rovos Rail.

A la découverte du train : un voyage dans le temps

Comme je vous le disais plus haut, le charme du Rovos réside dans le fait que le train reproduit une atmosphère du début du siècle passé, dans un style Victorien classique qui n’est pas sans rappeler non plus l’univers d’Agatha Christie.

Tout était fait pour nous plonger dans cette époque révolue. Il n’y avait donc pas de radios ou de télévisions à bord. L’utilisation des téléphones portables et des ordinateurs était aussi interdite dans les espaces communs. Une très bonne idée (et ne vous inquiétez pas, vous pourrez quand même faire des photos !).

Du dernier au premier wagon, notre train était organisé comme suit : wagon d’observation à l’arrière avec le premier bar (Observation Car), smoking lounge, compartiments des voyageurs (première partie), wagon-cuisine, deux wagons-restaurants, deuxième espace bar-lounge, compartiments des voyageurs (deuxième partie), wagons de l’équipage, wagon des générateurs, et enfin la locomotive.

Voici un petit tour d’horizon en images.

Le wagon d’observation

A l’arrière du train se trouvait donc le wagon d’observation, mon wagon préféré. Celui-ci avait un petit espace extérieur (des bancs pour prendre l’air tout en observant le paysage) et à l’intérieur se trouvait un espace salon très confortable et le premier bar. C’est là que nous avons passé l’essentiel de notre temps, tout d’abord parce que c’est le meilleur endroit pour profiter de la vue, mais aussi car le personnel qui y travaillait était particulièrement adorable.

L’espace fumoir

L’espace fumoir était bien fermé et l’odeur ne nous a jamais dérangé. C’était le seul endroit où il était autorisé de fumer dans le train (c’était également interdit dans le wagon d’observation, heureusement !).

Les wagons passagers

Les couloirs dans les wagons passagers étaient assez étroits mais on pouvait se croiser sans trop de problèmes.

Les cabines

Les trains Rovos Rail comportent 3 classes de cabines ou plutôt de suites, puisqu’il s’agit réellement de chambres tout confort, dignes d’un 5 étoiles. Les « Pullman Suites » sont les plus petites (7 mètres carré), ces cabines sont équipées d’un divan-lit pour un gain d’espace. Les plus grandes sont les Royal Suites (16 mètres carré), celles-ci sont évidemment les plus luxueuses, avec un espace salon et une salle de bain complète avec un bain de style Victorien.

Nous avons logé dans la catégorie de cabine intermédiaire, les « Deluxe Suites » (10 mètres carrés). Celles-ci disposent d’un lit double ou de deux lits jumeaux, d’une salle de bain avec toilette et douche, d’une petite table avec deux chaises et d’un mini-bar.

Bien sur, il y a aussi l’air conditionné partout !

Trousse de toilette complète et snacks

Les wagons-restaurants

Les deux wagons avaient des décorations différentes, l’un dans le style années 10, et l’autre dans le style années 30. C’est dans ces wagons qu’on prend le petit-déjeuner (entre 7h et 10h), le lunch (à 13h) et le dîner (à 19h30). Pour le lunch et le dîner, une cloche sonne pour prévenir qu’il est l’heure d’aller manger.

Je détaillerai les repas dans le carnet de bord ci-dessous mais j’ai apprécié le fait que tout est fait ici aussi pour reproduire les conditions de l’époque à laquelle la décoration fait référence : les assiettes sont classiques et auraient très bien pu être servies à l’époque (ne vous attendez pas à trouver de la cuisine moléculaire ici !). L’équipe essaie au maximum d’utiliser des ingrédients locaux et de proposer des plats traditionnels (ce qui veut donc dire, en Afrique du Sud : pas mal de viande).

Le midi et le soir, le repas est accompagné d’une belle sélection de vins d’Afrique du Sud. On peut à chaque fois choisir entre la sélection proposée en accord avec les plats, ou choisir son vin à la carte. J’ai fait de très très bonnes découvertes ! Les vins d’Afrique du Sud m’ont réellement séduite.

Si, en journée, le dress code est « smart casual », pour le repas du soir, une tenue de soirée (costume cravate pour les hommes, robe de soirée pour les femmes) est exigée. J’ai choisi mes robes pour être au plus proche de l’atmosphère début du siècle. Cela permet de rendre l’expérience encore plus unique.

La deuxième voiture lounge

Comme notre chambre se situait plus près du wagon-bar arrière, nous avons passé un peu moins de temps dans cet espace salon situé au milieu du train. Mais c’est par cet espace que nous sortions pour les excursions.

Pour avoir fait des recherches auprès de la concurrence dans d’autres pays, je pense qu’il est assez rare de trouver des trains aussi luxueux et si spacieux, que ce soit dans les cabines ou dans les espaces communs. Le train peut accueillir jusqu’à 72 passagers, nous étions environ la moitié sur ce trajet et nous avions toute la place nécessaire pour profiter pleinement du trajet !

Carnet de bord : mon expérience à bord du train Rovos Rail reliant Le Cap et Pretoria

Maintenant que vous savez tout (ou presque) sur le Rovos, il est temps de passer à la partie que je préfère, le carnet de voyage, ou plutôt le carnet de bord dans le cas présent ! Durant ce voyage, nous avons parcouru 1600 km en suivant une route traversant le bush créée par les pionniers il y a 160 ans. Entre les repas, l’observation du paysage et les deux excursions, je n’ai pas trouvé une seule seconde pour m’ennuyer ! Les 3 journées de trajet passent vraiment vite.

Depuis l’accueil au Cap à notre arrivée à la gare privée de Rovos à Pretoria, voici comment s’est déroulé notre voyage.

Jour 1 : des vignobles du Cap au désert du Karoo, excursion à Matjiesfontein

10h. Nous avions rendez-vous au numéro 1, Adderley Street, en face de la gare du Cap. C’est dans ce bâtiment grandiose que se déroule le « check-in« . Nos bagages sont pris en charge (nous les retrouverons directement dans notre chambre), et nous prenons place dans un grand salon, coupe de champagne (méthode Cap) à la main pendant qu’un duo nous joue du violon (des Beatles à Hotel California, toute une playlist de chansons populaires en version classique, j’ai adoré !). Avant d’embarquer, nous avons droit au briefing afin de nous expliquer comment va se passer le voyage.

Les étiquettes de bagage personnalisées

11h. Nos noms sont appelés un à un, et nous sommes escortés jusque dans notre cabine. Juste après, le train part de la voie 23 de la gare du Cap. Impossible de rester dans notre suite, nous avons envie d’explorer le train ! Après avoir fait le tour du propriétaire, nous trouvons ce qui sera notre place pendant l’essentiel du trajet : le wagon d’observation à l’arrière du train ! Quelques minutes plus tard, un nouveau verre de bulles nous est servi. Nous prendrons donc l’apéritif tout en disant au revoir au Cap (on aperçoit encore la Table Mountain), et en faisant la connaissance d’autres passagers.

13h. La cloche retentit, il est l’heure de prendre la direction du wagon-restaurant pour le lunch. Quelle expérience de pouvoir profiter d’un bon repas tout en admirant les vignobles de la région du Cap. Les paysages deviennent vite grandioses.

15h. Le train arrive à Worcester dans la Hex River Valley, avant de monter d’environ 750 mètres. Dans la vallée de la Hex River, face aux montagnes, se trouvent pas moins de 175 vignobles qui produisent l’essentiel du vin destiné à l’exporation. A 15h30, nous passons une série de 4 tunnels afin de traverser les montagnes.

Dans notre chambre, le programme de l’après-midi a été déposé.

16h30. It’s tea time ! Direction le wagon d’observation pour un petit thé avec vue. Nous bougeons ensuite vers le lounge central, puisque c’est de là que nous débarquerons pour notre excursion.

17h45. Nous voici arrivés à Matjiesfontein, notre première excursion ! Ce village historique de style Victorien est très petit (une rue !) mais aussi très charmant. A notre sortie du train, nous embarquons à bord d’un vieux bus anglais pour une visite express (10 minutes) de la ville, avec des commentaires plein d’humour. Nous descendons ensuite pour continuer la visite à pied. Nous verrons entre-autres l’intérieur du Lord Milner Hotel, un hôtel historique, et le guide nous jouera notamment « Le lion est mort ce soir » au piano dans le pub du village. Quelle ambiance !

19h. C’est l’heure de dire au revoir à Matjiesfontein et de se préparer pour le repas du soir ! Dress code oblige, je revêtis une robe au style un peu rétro, avant d’aller admirer les vues sur le désert du Karoo depuis le wagon restaurant, entre pleines désertiques et montagnes arides.

A notre retour dans notre suite, le service de nuit a été fait. Il est l’heure de dormir ! Le train aura roulé une bonne partie de la nuit, mais avec des bouchons pour les oreilles on peut dormir assez facilement malgré le bruit.

Jour 2 : Kimberley

Nous nous sommes endormis face aux paysages désertiques du Karoo et nous nous levons… face aux mêmes paysages ! C’est assez fou.

8h. On se décide finalement à aller prendre notre petit-déjeuner. Un buffet froid est proposé en attendant le service chaud à la carte. On prend notre temps en observant encore et toujours ces splendides paysages.

La matinée passe très vite entre notre suite et le wagon d’observation.

12h30. C’est l’heure du lunch ! A nouveau, un très bon repas avec vue…

14h30. Nous voici à Kimberley, notre excursion du jour. Nous débarquons du train et prenons un bus jusqu’au Diamond Mine Museum. Nous visitons le « Big Hole« , le plus grand trou fait par l’homme (attention, manuellement. Aujourd’hui il y en a de beaucoup plus gros faits à l’aide de machines). Le musée occupe le site de l’ancienne mine de diamants de Kimberley, et l’ancien village minier a bien été reconstitué, c’est à nouveau un vrai voyage dans le temps. La visite est trop courte, je serais bien restée un peu plus longtemps.

La couleur de l’eau change en permanence

Après la visite, nous sommes conduits à la gare de Kimberley, où nous sommes accueillis avec un petit verre avant de retourner dans le train.

Nous devions rester environ 1h30 à Kimberley mais nous repartons avec un peu de retard (nous attendions une locomotive). On nous avait prévenu que 10 minutes environ après le départ du train, nous allions passer à côté d’un lac avec une colonie de flamants roses (environ 23.000 !). Nous les avons bien vu, mais ils étaient quand même assez loin, un peu trop loin même pour mon télé-objectif…

Nous nous rendons ensuite au bar pour un tea time/apéritif. Nous avons vraiment été impressionnés par la diversité et la qualité des cocktails proposés, parfaitement réalisés ! Nos préférés : « The Fynbos », au gin au rooibos, tonic, cannelle et écorce d’orange, et le « Liquid Gold », au brandy, dry sherry, Angostura bitters, ginger ale et cerises.

19h30. Pour ce deuxième (et déjà dernier) repas du soir, le dress code est à nouveau de rigueur, mais aujourd’hui c’est encore plus chic ! Les serveurs ont changé de costumes, des bougies ont été allumées partout, et nous recevons chacun une rose à porter (rouges pour les messieurs, roses pour les dames).

Après le repas, nous sommes invités à une « soirée cocktails » dans la voiture d’observation. Nous passons la soirée à discuter tous ensemble, dans un cadre tout simplement magique…

Jour 3 : arrivée à Pretoria

Ce jour-là, en ouvrant les stores de notre cabine, ce n’étaient plus les paysages désertiques qui nous faisaient face mais bien le Witwatersrand, une région riche en or, puis la banlieue de Johannesbourg.

On nous annonce assez rapidement que nous avons pris du retard, en effet : la signalisation est coupée entre Johannesbourg et Pretoria. Effectivement ça complique les choses.

Nous passerons donc à nouveau l’heure de midi dans le train, et l’équipe nous a préparé des petits sandwichs et des gâteaux pour patienter.

Rovos Rail dispose de sa propre gare privée à Pretoria. Juste avant notre arrivée, nous changeons de locomotive pour arriver en beauté avec une locomotive d’époque dans la gare datant des années 1910. C’est dans ce cadre idyllique que nous disons au revoir au train et à ses passagers. Malgré le retard du train, nous avions encore un peu de temps donc j’ai pu visiter le musée de la gare et les ateliers où sont rénovés les trains.

Conclusion : mon avis sur le Rovos Rail

J’ai essayé de synthétiser ci-dessous ce qui, pour moi, sont les points forts du train, et ses points faibles (que j’ai du chercher).

Les points forts :

  • Le service : vous ai-je déjà dit que le personnel de bord était exceptionnel? On sait à quel point c’est difficile à l’heure actuelle de trouver du bon personnel, et je ne sais pas comment Rovos a réussi ce miracle, mais le service est véritablement un de leurs points forts. Un personnel jeune, dynamique, sympathique et aux petits soins tout en vous laissant l’espace que vous désirez. Mention spéciale pour l’équipe du bar, qui nous a préparé d’excellents cocktails et qui nous a servi à toute heure du jour ou de la nuit durant nos séances d’observation du paysages depuis les bancs extérieurs.
  • Le luxe des infrastructures : je pense que les photos parlent d’elles-mêmes. Le décor de style Victorien et les cabines tout confort ont vraiment rendu ce voyage unique.
  • L’organisation : les journées sont très bien organisées, on a pas le temps de s’ennuyer. Et j’ai aussi aimé tous les petits détails, comme le fait de refaire notre chambre dès que nous partions manger sans devoir le demander, les petites surprises en soirée,… On sent vraiment que tout est pensé dans les moindres détails.
  • Un vrai voyage dans le temps : on est véritablement plongés dans une autre époque, un siècle en arrière. C’est ce que j’attendais le plus de ce voyage et c’était encore mieux que ce que j’espérais ! Tout est fait pour faciliter ce voyage dans le temps (les technologies limitées dans les espaces communs, le dress code,…), et j’ai beaucoup aimé cela.
  • Les échanges avec les autres passagers : on m’a posé la question de la différence d’âge avec la plupart des passagers du train (il y a en effet de nombreux retraités, et on les comprend !) : ça ne nous a posé aucun problème. Nous étions tous des passionnés de voyages, et beaucoup avaient déjà voyagé plusieurs fois en train de luxe (quand je vous dis que ça rend accro !). Nous avons donc eu des conversations très intéressantes ! On notera également que les enfants de 0 à 2 ans ne sont pas autorisés à bord du train, mais après cet âge les enfants le sont, à condition d’être calmes. Nous étions les plus jeunes à bord de ce train, je ne peux donc pas vous dire si le trajet est véritablement adapté aux enfants. Dans tous les cas, toutes les cabines sont doubles dans le train (ce qui limite l’accessibilité aux familles).

Et les points négatifs?

En toute honnêteté, j’en ai trouvé peu.

  • Au niveau des repas : les plats de fromage peuvent être décevants pour les habitués que nous sommes à la gastronomie française (on est plus dans des fromages de style anglais mais assez fades). N’étant déjà pas fan de base de ce service lors des repas, ça ne m’a pas dérangé plus que ça. Il y a aussi eu quelques répétitions dans les plats, notamment deux fois les mêmes accompagnements le midi et le soir. Malgré tout nous avons très bien mangé.
  • Les retards : les trains Rovos Rail ont beau être privés, ils dépendent du reste du réseau de chemins de fer. Les retards sont donc fréquents, mais si vous n’êtes pas pressés (et comment l’être quand on voyage dans un tel train), ce n’est vraiment pas un problème. Evitez juste de prévoir un vol le jour du départ ou de l’arrivée du train…

Vous l’aurez compris, j’ai adoré cette expérience dont je me souviendrai pendant longtemps.

Pour plus d’informations, vous pouvez aller faire un tour sur le site internet de Rovos, rovos.com. Et si malgré l’article fleuve, vous avez encore des questions pour moi, n’hésitez pas à me les poser (de préférence en commentaire afin de pouvoir partager les réponses avec les autres lecteurs).

Merci à Rovos de m’avoir aidée à réaliser un de mes rêves. Mon opinion reste, comme d’habitude, entièrement indépendante.

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