Afrique du Sud : safari au Entabeni Safari Conservancy dans le Waterberg

Pour la dernière partie de notre safari en Afrique du Sud, nous avons passé deux jours au Entabeni Safari Conservancy, une game reserve privée située à quelques heures au nord de Johannesburg dans la province de Limpopo, et plus précisément au cœur de la réserve de biosphère du Waterberg classée à l’UNESCO. Nous avons beaucoup apprécié cette région moins connue du pays, qui abrite pourtant elle aussi les Big 5 et qui est donc une bonne destination pour faire un safari. 

Séjourner au Entabeni Safari Conservancy

La Entabeni Safari Conservancy est une grande réserve de 22.000 hectares qui se trouve dans une zone malaria-free et qui a comme cadre les splendides paysages, entre montagnes et savane, de la Waterberg Biosphere Reserve. On y trouve les Big 5, même si les léopards sont plutôt difficiles à voir. 

La game reserve d’Entabeni est accessible via une longue route en gravas, mais tout à fait faisable avec une voiture normale. La particularité de la réserve est d’avoir une partie basse (le « lower escarpment ») avec des prairies de sable (« sandveld ») et une partie haute (le « upper escarpment ») au sommet de montagnes abruptes de 600 mètres de haut, où se trouvent de vastes plaines. Les lions et les éléphants ne vivent que dans la partie basse de la réserve, et on trouve de grandes hordes d’antilopes, zèbres et autres proies qui vivent donc plutôt tranquillement dans les hauteurs, sans grand prédateur. 

Niveau logement, il y a le choix puisqu’on trouve pas moins de 5 lodges différentes, réparties entre les parties hautes et basses. Même si celles du haut de la réserve avaient l’air tout aussi sympas, je vous recommande plutôt de choisir une des lodges du bas, comme nous l’avons fait, car c’est là que les game drives sont les plus intéressants. Les voitures des lodges du haut peuvent descendre dans la partie basse, mais ne le font pas tout le temps (comme vous le verrez plus bas : la route est un peu casse-gueule) et ont moins de temps une fois en bas. En revanche, en séjournant en bas, sur les quatre game drives que nous avons fait en 2 jours, nous ne sommes montés qu’une seule fois dans la partie supérieure, ce qui était bien suffisant, car on y va plus pour les paysages que pour l’observation animalière.

Trois des cinq lodges se trouvent dans le « upper escarpment ». Deux de celles-ci occupent les bords du Lac Entabeni : la Kingfisher Lodge, la plus luxueuse de la partie haute, et la Lakeside Lodge, où nous nous sommes arrêtés prendre le petit-déjeuner durant l’un des game drives (les vues étaient vraiment sympas). La troisième, Ravineside Lodge, se trouve sur le bord d’un ravin.

Les deux autres lodges se trouvent dans le « lower escarpment » : la Hanglip Mountain Lodge, une lodge avec 10 chalets de luxe et une ambiance un peu rétro, et enfin le Wildside Safari Camp, où nous avons séjourné, et qui portait plutôt bien son nom. J’avais en effet choisi l’option la plus proche des animaux, un camp sans barrière avec des tentes tout confort, perdues au milieu de nulle part. Notre tente-chalet avait une vue imprenable sur les montagnes. Les tentes (20 au total) sont bien séparées des unes des autres, on a vraiment l’impression d’être seuls au monde… sauf quand les éléphants débarquent à la piscine du camp, où quand des traces de léopard encerclant notre tente au petit matin nous rappellent que non, nous ne sommes pas seuls ici… Mais en tout cas, quel plaisir de séjourner dans un cadre pareil ! Le seul point négatif était le service nettement en dessous par rapport aux autres endroits où nous avons séjourné durant ce voyage. 

On en a même profité pour sortir notre bouteille de vin ramenée du Cap !

Les séjours au Wildside Safari Camp incluent deux game drives par jour et les repas, qui se prennent au restaurant ou quand il fait beau, en plein air et au coin du feu dans le boma. La cuisine était vraiment pas mal.

Pour la petite anecdote, le Legend Golf & Safari Resort, dont fait partie le Entabeni Safari Conservancy, possède un terrain de golf mondialement connu chez les golfeurs pour son « extreme 19th hole » qui est un véritable challenge puisqu’on tire depuis le sommet de la montagne (où on accède uniquement en hélicoptère !) et qu’il faut viser un trou dans la vallée, des centaines de mètres plus bas… Si jamais ça vous tente, le premier à faire un « hole in one » remportera la coquette somme d’un million de dollars… Regardez cette vidéo, c’est assez incroyable !

Les game drives à Entabeni

Nous avons passé deux jours et deux nuits au Wildside Safari Camp, ce qui correspondait donc à 4 game drives. Notre guide attitré pour ces deux jours était sympa mais… un peu bizarre, comme vous allez voir. Mais de manière générale, on a bien profité de notre safari car vraiment, comment ne pas tomber sous le charme de tels paysages ?

Je vous propose ci-dessous un petit résumé en images de ces quatre sorties, durant lesquelles nous avons vu 3 des Big 5 (pas vu de léopard, ni de buffles qui sont dans une zone à part), ainsi que des girafes, des zèbres, des phacochères, des autruches, des hippos,… et même des guépards (et cette fois-ci, de très près !).

Premier game drive : nez à nez avec les guépards !

Nous avons vraiment été très chanceux pour notre premier game drive à Entabeni, puisque à peine partis du camp nous avons pu approcher de très près les deux guépards du parc. Ils étaient en train de se reposer à côté d’une des clôtures du parc, ce qui « gâche » un peu le côté sauvage de la rencontre, mais quand même !

Je précise que le Entabeni Safari Conservancy participe à plusieurs projets de conservation du Waterberg dont des projets de réintroduction de lions et de guépards, c’est pour cela que, comme on peut le voir sur ces photos, les guépards sont trackés avec un collier. Donc non, ce n’est pas (seulement ?) pour savoir où ils sont pour les game drives… La réserve devrait également bientôt (si ça n’a pas déjà été fait entre temps) réintroduire de jeunes guépards (actuellement placés dans une nurserie) dont la maman avait été tuée par un des léopards de la réserve.

Ce que je n’ai par contre pas trop aimé ici, c’est qu’il y a pas mal de jeeps (vu qu’il y a 5 lodges…) mais qu’ils limitent par contre le nombre de jeeps à 3 par sighting. Cela permet de ne pas trop déranger les animaux, ce qui est bien, mais du coup on ne peut pas vraiment profiter des animaux et on doit partir, comme ici, au bout de 5 minutes à peine pour pouvoir laisser la place aux autres… Chose qui ne nous serait jamais arrivé au Hamilton Tented Camp, par exemple !

Ensuite, nous avons vu des hippopotames, des gnous, des éléphants (encore des mâles en chaleur, décidément…) et la pride des lions au grand complet ! Et on a quand même eu un peu plus de temps avec eux ici, comme certaines voitures étaient trop loin pour venir. 

Profitant de notre chance, nous sommes ensuite partis à la recherche des rhinocéros. La recherche fut d’abord infructueuse, nous nous sommes donc arrêtés pour l’apéro dans la savane à la golden hour… On s’y habituerait vite à ce genre d’apéro !

Et puis, en repartant, on est finalement tombé nez-à-nez avec deux rhinocéros qui étaient carrément sur notre chemin !

Sur le retour, nous repassons aussi devant les lions qui n’avaient pas trop bougés. Et là, premier petit coup de stress à cause de notre guide un peu bizarre : il était en train de nous raconter une de ses anecdotes incompréhensibles quand l’une des lionnes qu’on était en train d’observer se lève. Je demande alors si ses petits ne seraient pas quelque part, et il se vante de surveiller tous les alentours pendant que nous sommes occupés à regarder les lions, que c’est son job…  Sauf que quelques secondes plus tard, un des autres clients, surpris, pointe du doigt un autre lion, qui avait eu le temps d’arriver à 30 cm de la voiture… Personne de l’avait vu, encore moins le guide, qui, on l’apprendra un peu plus tard, était daltonien en plus de tout (c’est pas une blague). Le lion a fini par s’éloigner mais quand même, ça surprend ! 

Deuxième game drive : cascades et course poursuite !

Réveil à 5h du mat pour notre premier morning drive, et toute la jungle est déjà réveillée à Entabeni.

Ce matin-là, nous sommes partis à la découverte de la partie haute du parc. Et je peux vous dire que ce n’était pas une mince affaire ! Dans la jeep entièrement remplie de 11 personnes (on rentabilise l’espace ici…), et avec notre guide daltonien au volant, j’ai cru qu’on allait y rester dans cette montée. Ce … avait oublié d’enclencher le mode 4×4 dans la montée ultra abrupte qui mène à l’upper escarpment. Après avoir failli noyer le moteur et nous fourrer dans le ravin, j’ai eu la bonne idée de proposer qu’on sorte tous de la jeep, qui était visiblement trop lourde pour arriver à redémarrer sur une telle côte (pente à 50%, j’exagère à peine…). Le guide accepta l’idée mais il ne trouva rien de mieux que de redémarrer directement, nous forçant donc à courir pour éviter la voiture, sinon c’était à nouveau le ravin ! Ah oui, et il avait aussi oublié de récupérer un des passagers de la jeep, qui a du courir derrière la voiture sur un bon 100 mètres de grosse montée… J’en ris beaucoup maintenant, mais moins sur le moment… Je vous l’ai déjà répété plein de fois, mais en safari un bon guide ça change vraiment tout ! Mais le principal c’est que nous avons survécu pour le raconter, n’est-ce pas ?

Mais nous voici enfin dans la partie haute du parc ! Iici, il n’y a que des léopards comme prédateurs, du coup les hordes de proies se baladent tranquilles avec leurs petits, c’est la fête. 

Nous nous arrêtons également à un point de vue sur le bord de la montagne. La vue était couverte à notre arrivée, mais ça s’est dégagé en quelques minutes, c’était impressionnant et magnifique d’observer ce ballet de nuages qui allaient et venaient…


Le soleil s’est ensuite enfin levé, et nous avons commencé à parcourir les grandes plaines des sommets de la montagne. La spécialité de notre guide, qui a grandi dans les environs du parc, c’était les plantes et la « bush life », comme il l’appelait si bien !

Nous nous sommes ensuite arrêtés pour prendre le petit-déjeuner dans un des 3 lodges situés dans le haut de la réserve, la Lakeside Lodge. La vue était vraiment sympa mais les infrastructures étaient plus imposantes, je préférais quand même le côté « into the wild » de notre camp.

La descente fut un peu plus facile (on s’est assuré que le guide n’oublie pas de passer le mode 4×4 !) : j’ai du bien m’accrocher mais on a survécu ! 

Une surprise au camp

Entre deux game drives, en général la journée au camp est assez calme, ponctuée seulement par le repas de midi. L’après-midi, je m’étais dit que j’allais en profiter pour aller faire un tour à la piscine mais… C’était sans compter sur les invités surprise, qui m’avaient devancé : un troupeau d’éléphants était rentré dans le camp pour aller eux aussi se rafraîchir à la piscine ! Les rangers ont tenté en vain de les faire déguerpir, mais rien n’y a fait : ils sont arrivés les uns après les autres à la piscine, à croire que le concept de « c’est toujours meilleur chez les autres » existe aussi chez les éléphants ! ;-) Un des rangers me raconte que la dernière fois (oui, ça arrive assez souvent ici…), il y avait des gens dans la piscine quand les éléphants ont débarqué et qu’ils ont dû se planquer sous les transats… Imaginez le stress !! Par contre il parait également que les éléphants sont étrangement très polis et ne cassent jamais rien dans le camp ! Bref, la situation était à la fois un peu stressante mais surtout à mourir de rire ! En tout cas c’est certain, on ne voit pas ça tous les jours !

Troisième game drive : le combat de rhinocéros

Une fois les éléphants partis du camp, nous avons pu commencer pour notre deuxième game drive de la journée. Cette fois-ci, on a vu plein de girafes en cherchant les lions et les rhinocéros.

Finalement, nous sommes tombés sur un combat entre deux rhinocéros mâles (un jeune mâle et un plus vieux) qui s’affrontaient pour une jolie demoiselle ! Ce fut le highlight de ce game drive. Le combat a duré super longtemps, même la femelle avait l’air d’en avoir marre… Au final, je ne sais pas qui a gagné (le vieux je crois) mais ils se sont quand même bien blessés !

Petite parenthèse : voici quelques astuces pour reconnaître les rhinocéros : 

  • mâles vs femelles : là c’est assez facile puisque les mâles ont une petite corne épaisse alors que les femelles ont une corne longue et fine 
  • Rhinocéros blanc vs rhinocéros noir (plus rare) : là, ça se complique un peu. En réalité, on ne les distingue pas du tout à leur couleur (les deux sont gris foncé), mais bien à la forme de leurs lèvres. La dénomination de « White » (blanc) en anglais vient en réalité d’une incompréhension du mot « wit » en Afrikaans, venant lui-même de « wijde » en néerlandais qui était alors utilisé pour décrire leur mâchoire. Du coup, pour les distinguer : 
    • le rhinocéros blanc a une large mâchoire plate (« wijde »), car c’est un herbivore qui mange de l’herbe au sol. Il est plus calme, moins agressifs mais du coup, plus facile à chasser (on peut s’approcher jusqu’à 10 mètres sans qu’il n’attaque)
    • le rhinocéros noir a une petite mâchoire pointue, car il mange plutôt des feuilles d’arbustes, et est plus agressif.

Avant de rentrer au camp, nous avons pris un dernier apéro dans la savane.

Et vous savez quoi ? A notre retour au camp, les éléphants étaient à nouveau là ! Et heureusement qu’on nous avait dit qu’ils ne touchaient pas aux voitures car ils étaient juste à côté de la nôtre !

Quatrième game drive : à la recherche des lions

C’est déjà le dernier réveil matinal de notre voyage en Afrique du Sud. Et pour terminer en beauté, je me lève en découvrant des traces de léopard tout autour de notre tente… D’après mes photos que j’ai montré au guide, il s’agissait d’un petit léopard qui a voulu venir nous dire bonjour pendant la nuit ! 

Ce matin-là, il faisait plus frais et la savane semblait particulièrement au taquet : les lions avaient-ils ou allaient-ils chasser ? Il se passait clairement quelque chose… On a tourné pendant très, très longtemps dans une zone où avaient été aperçus les lions.

Après avoir tourné en rond pendant près de 2 heures, alors que toutes les autres voitures avaient abandonnés, soudain… une petite tête se lève dans l’herbe ! Ils étaient si bien cachés qu’ils étaient là où nous devions être passé 100 fois sans les voir ! 

Par contre, nous qui pensions peut-être avoir la chance de les observer chasser, vu leurs ventres, nous venions juste de manquer la chasse (qui avait sans doute eu lieu pendant la nuit, du coup). Et même si c’est nous qui les avions débusqué, évidemment tous les autres lodges ont débarqués et nous n’avons donc pu les observer que 10 minutes alors que nous avions passé presque 2h à les chercher quasiment seuls… Franchement, c’était assez frustrant ! Mais bon, finir ce safari avec des félins, c’est déjà très très bien ! 

Et voilà qui termine le récit de ce voyage en Afrique du Sud. Il me reste un dernier article récapitulatif à vous écrire, dans lequel je partagerai également brièvement le gros stress que nous avons eu juste avant de reprendre notre vol puisque nous avons malheureusement été victimes de la corruption de la police à Johannesburg… Et même si sur le moment ça nous a juste donné envie de déguerpir du pays, j’espère vraiment pouvoir y retourner très rapidement pour un safari car malgré cette corruption horrible (surtout présente dans les villes), l’Afrique du Sud reste un des plus beaux pays que j’ai pu visiter jusqu’à présent…

LAISSER UN COMMENTAIRE

Veuillez entrer votre commentaire
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.