Nouvelle-Zélande : roadtrip sur la West Coast et glaciers de Fox & Franz Josef

Après avoir bien profité du soleil et des paysages tropicaux de la pointe nord de l’île du Sud, avec notamment une sublime randonnée à Abel Tasman, le changement d’ambiance est total : nous voici partis pour un roadtrip le long de la West Coast, la côte ouest de l’île du Sud, et aussi l’un des endroits où il pleut le plus en Nouvelle-Zélande ! À cause de cette météo particulièrement capricieuse, il faut y passer au moins quelques jours si vous voulez avoir une chance de voir l’incontournable de cette région : ses glaciers, le Fox Glacier et le Franz Josef Glacier. Car comme ceux-ci sont en fort recul, l’une des seules manières de pouvoir encore les voir correctement est d’effectuer un vol en hélicoptère, qui inclut souvent un atterrissage dans la neige. On a galéré pour y arriver mais après plusieurs essais ratés, on a pu vivre cette expérience unique ! Si vous n’avez pas cette chance ou le budget, sachez que la côte ouest réserve malgré tout d’autres découvertes agréables, comme ses anciennes « boom towns » construites lorsque de l’or fut découvert sur la côte mais vite abandonnées, ou ses vers luisants que l’on peut admirer de nuit à plusieurs endroits, et cette fois-ci totalement gratuitement. Dans cet article, vous pourrez découvrir nos différentes visites sur la West Coast depuis notre départ de Nelson jusqu’au Haast Pass en direction de Wanaka, en suivant la Route 6.

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La West Coast de l’île du Sud en pratique

Comme je vous le disais déjà plus haut, l’une des choses les plus importantes à retenir pour votre visite de la West Coast est d’être flexible ! À cause des précipitations fréquentes (quelle que soit la période de l’année), vous ne pourrez probablement pas faire toutes les activités que vous avez prévues, alors essayez de prioritiser et de faire en sorte de pouvoir adapter votre programme à la pluie. Même si les activités payantes (hélico, kayak, etc) doivent se réserver à l’avance, les prestataires sont particulièrement flexibles pour reporter ou annuler sans frais vu ce climat particulier. Il ne faut donc pas vous en faire à ce niveau-là.

La grande particularité de la région est qu’il s’agit d’un des seuls endroits au monde où vous pouvez voir des glaciers ET une forêt tropicale au même endroit ! Nous voulions nous donner le plus de chance possible de voir les glaciers en ne passant que 2 nuits dans la région, c’est pourquoi le reste de nos visites se sont concentrées sur ce qu’il y avait à voir à proximité directe de la Route 6, la route principale qui longe la côte du nord au sud. Il y a énormément de détours possibles (dont plein de plages) et pas mal de randonnées à faire (la plus connue : Hokitika Gorge et sa rivière à l’eau bleu intense), mais il nous aurait fallu prévoir plus de temps pour découvrir tout ça. Au final, le temps que nous avons passé sur la côte ouest nous a suffi, car la météo est infernale à suivre et on est contents d’avoir finalement choisi de passer plus de temps dans des régions plus ensoleillées ou en tout cas avec une météo moins changeante (du coup, plus facile de faire des plans ne serait-ce que pour le lendemain…).

Une dernière chose à noter : si on accède à une partie des Alpes du Sud, la chaîne montagneuse qui suit la côte ouest, via la Route 6, le Mont Cook n’est lui pas accessible par ce côté. Nous avons donc visité l’autre côté de ces montagnes plus tard au cours de notre itinéraire sur l’île du Sud.

La colonie d’otaries à fourrure de Tauranga Bay

Notre premier arrêt sur la West Coast fut la colonie d’otaries à fourrure (fur seals) de Tauranga Bay. Il s’agit d’une des colonies les plus facilement accessibles de Nouvelle-Zélande. On y accède via une marche rapide (et on ne peut plus facile) de 10 minutes. Par contre le point d’observation est assez élevé, on les voit donc de moins près que sur la Golden Bay par exemple, qui reste un de nos meilleurs souvenirs. Si vous avez la chance d’y aller comme nous pendant l’été austral (octobre à mars), vous pourrez y voir également plein de bébés ! Il est aussi possible de continuer jusqu’au Cape Foulwind qui est un aller-retour de 3 heures au total (nous ne l’avons pas fait vu le vent ce jour-là).

Les Pancake Rocks

Le vent s’était encore plus levé pour notre deuxième arrêt, aux Pancake Rocks, le stop le plus touristique de la Route 6. Malheureusement, notre timing n’était pas au top car il n’y a pas grand-chose à voir à marée basse. À marée haute, le spot est connu pour le spectacle créé par les vagues s’engouffrant dans ces rochers aux formes particulières, qui créent des « blowholes », des sortes de geysers (attention, apparemment ça mouille bien !). On y arrive à nouveau par une balade de 10-15 minutes très facile, qui traverse une petite partie de forêt tropicale, où on a croisé plusieurs weka, ces cousins des kiwis qui eux aussi ne savent pas voler.

Kumara, la dernière Boomtown de Nouvelle-Zélande

Nous avons passé notre première nuit sur la West Coast à Kumara, la dernière boomtown de Nouvelle-Zélande. Cette ancienne ville minière n’est pas la plus connue de la côte ouest et nous y étions presque les seuls touristes (ou en tout cas les seuls touristes non néo-zélandais) mais j’ai beaucoup aimé cette étape insolite.

Nous avons logé au Theatre Royal Hotel, l’hôtel historique de la ville qui possède un rapport qualité-prix imbattable. Moi qui aime séjourner dans des endroits uniques, j’ai été comblée : nous avions choisi l’une des suites situées en face du bâtiment principal… dans l’ancienne banque de la ville ! Je n’ai jamais logé dans un endroit aussi spacieux pour 100€ la nuit seulement. Splendides chambre et salle de bain, énorme salon avec quelques clins d’œil à l’histoire du bâtiment dans la déco… C’était vraiment le grand luxe pour ce prix !

Voir les disponibilités et tarifs actuels au Theatre Royal Hotel

Cerise sur le gâteau : le pub de l’hôtel fait partie du réseau des pubs historiques de Nouvelle-Zélande. Évidemment, le repas y était aussi très agréable.

Hokitika et Ross sont d’autres anciennes villes minières avec plus de choix d’hébergements, mais si vous voulez vivre une nuit dans une ancienne boomtown, c’est vraiment Kumara que je vous recommande.

Depuis peu à Hokitika il existe aussi un « treetop walk » pour marcher au sommet de la canopée, qui a l’air assez populaire.

Les vers luisants de Hokitika Glow Dell

L’autre avantage de faire étape à Kumara : nous n’étions pas très loin de la Hokitika Glow Dell, où les vers luisants offrent un joli spectacle toutes les nuits. Les grottes de Waitomo sur l’île du Nord sont le spot le plus connu pour en voir mais la visite est payante. Ici, c’est gratuit et moins touristique, même s’il y avait quand même un peu de monde. Bon, ça ne donne rien en photo mais c’est à voir au moins une fois. Le parking se trouve juste à côté du site, c’est on ne peut plus facile d’accès.

La randonnée de Tunnel Terrace Walk

Autre activité sympathique à découvrir dans cette ancienne région minière : la Tunnel Terrace Walk, une petite randonnée vraiment sympathique de 20 minutes à laquelle on accède facilement depuis Kumara (l’accès se fait depuis le petit parking situé sur Stafford-Goldsborough). L’entrée et la sortie de la boucle se font par d’anciens tunnels qui étaient utilisés par les mines d’or. Cette balade au cœur de la forêt tropicale était très sympathique. Il parait que c’est aussi un autre bon endroit pour observer les vers luisants la nuit.

La ville minière de Ross

Nous terminons notre découverte du passé minier de la côte ouest à Ross, une autre ancienne ville minière qui est sans doute aussi la plus touristique. Ross était l’un des grands centres de l’industrie minière aurifère à la fin du 19ème siècle. On peut encore y voir quelques vestiges de l’ancienne mine d’or, The Ross. La balade est assez longue mais vous pouvez aussi juste faire le début de celle-ci, comme nous l’avons fait. On y a aussi mangé de très bonnes pies à emporter au Roddy Nugget Cafe.

La région des glaciers : Fox et Franz Josef – lequel choisir et comment les découvrir

Nous voici enfin dans la région des glaciers, dont il faut profiter tant qu’on le peut encore : les photos ne mentent pas, en moins de 10 ans, leur recul a été énorme. Le Franz Josef était autrefois le plus impressionnant mais aujourd’hui le Fox est plus grand. Si avant on pouvait s’en approcher assez facilement en randonnée, c’est de plus en plus difficile.

Franz Josef Glacier et Fox Glacier étant séparés de tout de même 30 minutes de route, lequel choisir ? Celui que la météo vous laissera voir ! Bon, ok, puisqu’il faut tout de même choisir où vous vous baserez (oui, il faut vraiment passer au moins une nuit sur place pour augmenter ses chances avec la météo) et lequel vous partirez explorer même si ça peut être annulé/changer, voici les différentes principales entre les deux :

Attention : si avant il y avait la possibilité de partir randonner (accompagné) sur les glaciers depuis les villages, ce n’est à présent plus possible car c’est devenu trop dangereux, que ce soit pour le Fox ou le Franz Josef. Il faut absolument être déposé en hélico sur le glacier si vous voulez aller randonner dessus… Il reste par contre quelques possibilités de randonnées accompagnées au départ des villages, comme cette randonnée jusqu’à un belvédère au Franz Josef, qui s’approche du glacier mais qui n’y monte pas (en même temps, le budget est beaucoup plus raisonnable). Les chemins de randonnées qui étaient accessibles par soi-même auparavant via les routes d’accès aux glaciers sont fermés (en tout cas actuellement mais je pense qu’ils ne rouvriront jamais vu l’état des glaciers malheureusement…).

Et maintenant, pour résumer notre expérience personnelle avec les glaciers…

Le vol en avion avec Air Safari jusqu’au Franz Josef Glacier

Le premier jour, suite à une météo qui était à nouveau très capricieuse, notre vol en hélico que nous avions de base choisi de faire à Franz Josef (plus proche et donc plus flexible depuis Kumara) a été annulé à la dernière minute. Des vols étaient encore partis juste avant nous, assez râlant… Après avoir fait le tour des autres prestataires car ceux-là n’avaient plus de places pour nous décaler à un autre moment même le jour d’après à cause d’autres reports, on s’est rendu compte que ça allait être très difficile pour l’hélico.

Par contre, les petits avions d’Air Safari pouvaient encore s’envoler, au contraire des hélicos pour lesquels c’était trop dangereux à cause des conditions météo. Leur vol le plus long, qui allait jusqu’au Mont Cook, partait juste après et nous avons donc décidé de le réserver. Malheureusement, à nouveau, le temps que le décollage se prépare, les nuages s’étaient multipliés et on ne voyait plus rien côté glaciers ! Nous avons donc décollé, mais du nous limiter à la côte qui était quant à elle bien dégagée. Le pilote a tout de même essayé pendant près d’une heure de nous faire voir le Franz Josef glacier… Au final, l’expérience fut assez dingue, surtout que j’ai pu m’asseoir à la place du copilote ! C’était quelque chose, avec toutes les manœuvres que le pilote a dû faire pour arriver au glacier, en longeant les montagnes de près pour pouvoir s’en approcher… Les conditions météo étaient vraiment limite, ça bougeait bien, mais je dois dire que c’était fun ! Et au final, on l’a quand même vu ! Par contre, le Franz Josef a vraiment reculé par rapport aux photos qu’on avait pu en voir, il y a à présent un gros trou au milieu du glacier… C’est triste à voir.

Air Safari a été super professionnel : comme on n’a pas pu tout voir de ce qui était prévu, ils nous ont remboursé la quasi-totalité du vol ! Les hélicoptères sont plus populaires à cause du Glacier Landing (ils peuvent atterrir sur le glacier) mais les compagnies d’hélicoptère étaient toutes exécrables au niveau du service, et il n’y a aucune possibilité d’avoir un siège à la fenêtre de garanti dans les hélico qui entassent jusqu’à 4 personnes par rangée… Autant vous dire qu’au milieu (comme j’ai eu le lendemain), on ne voit pas grand-chose. Dans un avion, le siège à la fenêtre est garanti et ils peuvent aussi aller beaucoup plus loin quand ce n’est pas nuageux.

Franz Josef Glacier Hot Pools

Comme il n’y avait rien d’autre à faire à cause de la météo ce jour-là, on a décidé de finir la journée (déjà bien avancée) aux Franz Josef Glacier Hot Pools, des sources chaudes très touristiques qui nous ont un peu laissé sur notre faim par rapport à d’autres sources chaudes naturelles que nous avons fait ailleurs durant le voyage. Ici, c’est tout petit et très touristique donc fort rempli, on se marchait limite dessus… Bref, sauf si vous avez mal partout à cause de vos randonnées et que vous voulez vous reposer un peu, je ne conseille pas particulièrement.

Notre logement et notre nuit à Fox Glacier

Nous avions choisi un logement au Fox Glacier, comme je le disais un peu moins touristique que le Franz Josef, ce que je trouve plus agréable. Nous avons passé la nuit au Farmhouse B&B, un Airbnb, mais il y a aussi des hôtels/motels à prix similaires (avec salle de bain privée, ce qui n’était pas le cas ici), si vous vous y prenez à l’avance.

Par contre, on a rarement aussi mal mangé que ce soir-là (au Cook Saddle Cafe & Saloon), mais on a pas eu trop le choix…

La vue sur le Fox Glacier depuis le Lac Matheson

Le lendemain matin, puisque nous n’étions pas encore certains de pouvoir voir de plus près le Fox Glacier, nous sommes partis voir la vue sur les montagnes depuis le Lac Matheson, un spot particulièrement réputé pour le lever du soleil… et on a compris pourquoi : après on ne voit plus rien quasi car c’est en plein contrejour dès que le soleil sort ! On y est finalement revenu plus tard dans la journée, et ça allait déjà mieux. Ne vous attendez toutefois pas à voir parfaitement les glaciers car ils sont assez loin. Ça reste une bonne option si vous passez par là et que vous n’avez pas le budget pour mieux les voir.

Le vol en hélicoptère avec atterrissage sur le Fox Glacier

Nous avions peu d’espoir en re-réservant en dernière minute un vol en hélicoptère avec atterrissage sur le Fox Glacier depuis le village de Fox, et pourtant… ça a (plus ou moins) bien fonctionné. Même si le soleil était bien là ce matin-là, il y avait du retard dans les vols et nous n’avons malheureusement pas pu faire le « grand tour » que l’on avait réservé (ça s’est joué de peu). On a par contre pu faire le tour de base, c’est à dire le « snow landing » sur le Fox Glacier, et je dois dire que ce fut une belle expérience ! Le vol en tant que tel était en revanche plutôt bof : on ne voit quasi rien à part si on est assis tout devant à gauche (et on ne peut pas choisir ni échanger sa place), on a 10 minutes sur place puis on rentre direct. Au final on a quand même eu de la chance puisqu’une heure plus tard, plus rien ne décollait à nouveau !

J’espère que ce récit détaillé vous fera comprendre à quel point visiter les Franz Josef et Fox Glacier peut être frustrant. Ne râlez pas trop si vous n’avez pas la chance de les voir, ça fait partie du jeu en Nouvelle-Zélande, et en ce qui nous concerne il y a d’autres choses que nous n’avons pas pu voir à cause de la météo, comme le Tongariro Alpine Crossing.

La spécialité de la côte ouest : le « whitebait »

Pas mécontents de quitter la région des glaciers une fois que nous avions vu ce que nous voulions voir, nous revoici sur la route, assez longue et désertique sur la partie sud de la côte ouest. Nous cherchons en vain de quoi manger quand enfin : nous tombons sur un foodtruck le long de la route, qui semble très populaire vu le monde qui s’y arrête ! Et ça tombe bien puisqu’on va enfin pouvoir y goûter l’une des spécialités de la West Coast : les toasts au Whitebait, des tous petits poissons servis dans une omelette. C’est assez particulier, on aime ou on déteste je pense. Avec en dessert, une real fruit ice cream bien évidemment !

Balade à Ship Creek, entre dunes et swamp

Notre dernier arrêt sur la West Coast, juste avant d’emprunter le Haast Pass vers Wanaka fut Ship Creek, un endroit sauvage assez particulier qui combine des dunes et une forêt humide avec ses marécages (swamp). Il y a deux petits tours à faire, un en direction de la plage avec ses jolies dunes (Dune Lake Walk), l’autre dans la forêt avec un petit chemin sur pilotis (Kahikatea Swamp Forest Walk) où se trouve la plus haute espèce d’arbre en Nouvelle-Zélande, le pin blanc (kahikatea). Combiner les deux ne prend pas beaucoup de temps mais ça vaut le coup car les deux paysages sont totalement différents. Un endroit très sauvage que l’on a beaucoup aimé.

 

 

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