Le volcan Kawah Ijen et ses porteurs de soufre, une expérience unique

Dernier épisode de mon voyage à Banyuwangi mais pas des moindres : aujourd’hui, je vais vous raconter mon expérience au cœur du volcan Kawah Ijen, un volcan actif qui attire chaque année des milliers de touristes à l’est de l’île de Java.

Pourquoi visiter le Kawah Ijen?

Le Kawah Ijen, et le Ijen National Park dont il fait partie, est sans aucun doute le site le plus connu à l’est de Java. Son sommet se situe à 2368 mètres au dessus du niveau de la mer, et avec ses 200 mètres de profondeur et ses 5466 hectares, le lac qui se trouve au cœur du Kawah Ijen est le plus grand lac cratère acide au monde !

Mais ce qui fait la particularité du Ijen, c’est son activité assez unique. Le lac turquoise du cratère Ijen est en réalité rempli de 6 millions de litres de solutions acides. C’est à côté de celui-si que se sont installées des mines de sulfure où travaillent les courageux porteurs de soufre nuit et jour. Je les croiserai lors de ma descente et de ma remontée dans le cratère, portant une cargaison de pas moins de 70 kg sur les épaules à chaque trajet ! Imaginez un peu faire cet aller-retour tous les jours, plusieurs fois par jour…

A côté de cette scène déjà unique, s’ajoute une autre particularité, puisque le cratère du Ijen est aussi connu pour abriter un phénomène unique, les flammes bleues (blue fire). C’est l’un des deux seuls endroits au monde où l’on peut admirer ce phénomène, l’autre étant l’Islande.

Oui, ce petit point bleu là-bas !

Visiter le Kawah Ijen en pratique

Etant donné que les flammes bleues ne peuvent être observées que la nuit, et que le cratère est souvent couvert par les nuages durant la journée, le moment à privilégier pour découvrir ce volcan est… la nuit. Oui, préparez-vous à une nuit blanche !

Nous sommes partis à minuit de notre hôtel dans le centre de Banyuwangi et notre chauffeur nous a déposé une heure plus tard environs au pied du Kawah Ijen (on aurait gagné du temps à dormir plus près du volcan, par exemple au Jiwa Jawa Ijen que l’on a visité par la suite et qui n’était pas mal du tout). C’est à cette heure-là que les touristes se regroupent et entament la longue montée vers le cratère, pour tenter d’observer à la fois les flammes bleues et le lever du soleil. Comptez au moins 2 heures de montée continue et assez raide par endroit avant d’arriver au sommet du cratère… Après quoi, il faudra encore descendre dedans !

Dans cet article, je vous raconterai mon expérience personnelle. Comme vous pourrez le lire un peu plus bas, s’il faut un minimum de condition physique pour la descente et remontée dans le cratère, vous pouvez éviter les deux heures de montée vers le cratère grâce à des porteurs. Il vous en coûtera environs 35€ pour un aller-retour en « taxi », c’est-à-dire poussé sur un petit chariot par 3 hommes à la montée et 1-2 hommes à la descente. La descente étant au final la plus dangereuse car glissante par endroits, un aller simple n’a pas grand intérêt si vous décidez d’opter pour cette option. Personnellement, si vous n’êtes pas particulièrement sportif, je vous recommande chaudement de prendre un porteur et de garder votre énergie pour le cratère en lui-même.

Il est normalement interdit de descendre dans le cratère (voir les panneaux), mais dans la pratique il est interdit d’y descendre SANS GUIDE. Celui-ci vous donnera le chemin à prendre et prendra les précautions nécessaires.

Que vous décidiez de descendre ou non dans le cratère, je vous recommande de vous équiper d’un masque à gaz pour éviter de respirer les vapeurs toxiques qui s’échappent du cratère, et d’une lampe frontale histoire de voir où vous allez… Vous pourrez vous en procurer sur place si vous n’en avez pas.

Récit d’une nuit au Kawah Ijen

C’est donc dans le noir le plus total que notre petit groupe a commencé le trek vers le sommet du Kawah Ijen. A l’entrée du sentier, on essaie de nous vendre bonnet, gants, anorak,… On comprend vite qu’il risque de faire froid là-haut ! Je n’ai qu’un pull et une petite veste, mais je décide d’y aller comme ça quand même. Je n’aurai finalement pas trop froid, mais si vous êtes frileux, équipez-vous bien, c’est vrai que ça caille un peu quand-même !

Si j’étais assez confiante en commençant la marche, la montée qui me semblait sans fin m’a vite découragée… Honnêtement, sans « taxi » je n’y serais jamais arrivée ! 35€ pour une nuit de travail pénible, à se partager à 3… Ces porteurs ne sont pas beaucoup mieux lotis que les porteurs de soufre ! Je leur ai donné 50€ en ayant encore mal au cœur pour eux…

Mais une fois installée dans mon chariot de fortune, je sais que j’ai pris la bonne décision, et que j’arriverai à temps pour voir le spectacle… La montée est dure pour tout le monde, porteurs ou marcheurs, et au fur et à mesure que le temps passe, je peux commencer à apercevoir la silhouette des volcans tout autour de moi, éclairés uniquement par la pleine lune… Je lève la tête pour regarder les étoiles qui se comptent par centaines. C’est magique.

Finalement, nous y voici ! L’odeur du souffre se fait sentir, il est temps de mettre le masque… et de descendre dans le cratère, sans porteurs cette fois !

Impossible de retranscrire correctement cette expérience. La descente dans le cratère est la partie la plus délicate, il faut regarder ses pieds et rien d’autre. Notre guide prend les devants et j’ai un peu du mal à suivre. Finalement, c’est un autre guide qui aura pitié de moi et m’aidera dans 2-3 passages difficiles !

On a commencé la montée à 1h, il est bientôt 4h et je suis enfin en bas du cratère. Les porteurs de soufre sont déjà au travail et prêts à faire leur première remontée de la journée aux premières lueurs du jour avec une cargaison de plus de 70 Kg sur les épaules !

Pour l’heure, il fait toujours nuit noire en bas du cratère et l’ambiance est totalement surréaliste, avec l’ombre des porteurs se détachant de la fumée, ma lampe frontale illuminant le souffre jaune, et mes yeux scrutant la fumée. Entre deux nuages de fumée j’apperçois enfin le blue fire. « C’est ça? » Je dois dire que ce n’était pas plus impressionnant que ça même si ça reste un phénomène unique (du au soufre).

Les premières lueurs du jour apparaissent, il est l’heure de remonter pour voir le lever du soleil ! Au fur et à mesure du lever du jour, je découvre ce qu’il y a autour de moi. C’est tout simplement incroyable ! La montée est facile (moins glissante), il suffit de s’arrêter régulièrement. Les porteurs me dépassent, tout sourire. Leur bonne humeur est impressionnante…

Finalement, voici le lever du soleil, et toutes les couleurs apparaissent enfin … magique, vraiment magique ! Le cratère est entièrement dégagé, aucun nuage à l’horizon : nous pouvons profiter pleinement du spectacle.

Enfin, mes porteurs viennent me chercher : c’est l’heure de redescendre … il est 6h. La descente est bien plus rapide ! A peine le temps d’admirer le paysage que je n’ai pas pu voir à l’aller, que je suis de retour en bas. Encore une bonne heure de voiture avant de pouvoir me poser finalement dans mon lit ! Il est 8h30 : je pense que dormir, ça sera pour demain…

Ce voyage a été organisé par le Ministère des Affaires Etrangères d’Indonésie et l’Ambassade d’Indonésie à Bruxelles. Mon opinion reste, comme d’habitude, entièrement indépendante.

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1 COMMENTAIRE

  1. Bonjour Emma,

    Merci pour cet article. Je pose ici juste deux liens concernant ce volcan mine-touristique, non pas pour lancer un debat ou quoi que ce soit (vu que je pense aussi a aller visiter le volcan lors d’un futur voyage a Bali si j’en ai l’occasion) mais plus pour l’information car generalement, peu de gens connaissent la realite derriere ces mineurs et ces beaux paysages.

    https://www.arte.tv/sites/story/reportage/ijen-du-soufre-au-selfie/
    https://www.neonmag.fr/reportage-dans-le-volcan-le-plus-instagrame-du-monde-519032.html

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