Mon expérience à Brussels Airport après les attaques du 22 mars

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Mon expérience à Brussels Airport après les attaques du 22 mars

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Il y a un peu plus d’un mois, des imbéciles sans religion attaquaient ma belle Bruxelles et choisissaient pour leur massacre des lieux que, comme beaucoup de belges, je côtoie régulièrement: le métro bruxellois et l’aéroport de Zaventem. Le matin des attaques, j’aurais du être à Bruxelles mais ce jour-là j’avais décidé de faire du télé-travail, c’est donc depuis la Wallonie que j’appris les mauvaises nouvelles, lors de mon petit tour matinal des réseaux sociaux avant de sortir de mon lit. Il m’a fallu un petit temps pour comprendre ce que signifiaient tous les statuts alarmés de mes amis. Une explosion à Brussels Airport, ça ne peut être qu’un accident, impossible qu’il y ait des morts. Puis vint Maelbeek,  et là plus de doutes: après Paris, c’était donc « notre tour ». Pas qu’on ne s’y attendait pas cette fois-ci, mais quand ça touche une ville que vous fréquentez quotidiennement, c’est là que les choses deviennent réelles.

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Dans les rues de Gand, le street art soutient Bruxelles.

J’ai beau être retournée à Paris pas longtemps après les attentats, ça ne m’avait pas fait le même effet que de rentrer à Bruxelles au bout d’une semaine de home-working (c’est le côté pratique qui m’avait décidé à ne pas rentrer plus tôt sur Bruxelles, pas la peur) et découvrir les quelques 1800 militaires patrouiller dans les rues de la ville, sans parler des flics à tous les coins de rue, les stations fermées, les télévisions du monde entier à la Bourse face aux bougies, fleurs et petits mots de commémoration, les rues vides le samedi après-midi, mes collègues ayant décidé de venir en vélo à partir de maintenant (pas mauvais pour l’environnement non plus, mais bon), et l’ambiance de plomb lorsque je repris enfin le métro, en passant par la station fantôme de Maelbeek.

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Mais Maelbeek n’était qu’une station de passage pour moi, je pense même ne jamais y avoir mis les pieds (je me rappelle même avoir pensé à de plusieurs reprises: mais qui pourrait bien vouloir descendre entre Schuman et Arts-Loi?). Le vrai choc arriva lors de mon retour à Brussels Airport, un de mes endroits préférés au monde, lieu de départ de 1001 expériences inoubliables. Un endroit que je connais par cœur, qu’il me tarde de revoir entre chaque voyage. Pour une fois, cela faisait un petit temps que je n’y avais plus mis les pieds, chose rare (mon dernier vol était un New York-Bruxelles le 12 décembre dernier, après une semaine à Miami et en Floride).

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Il était impensable pour moi d’annuler un de mes vols prévus à la suite des attentats. N’oublions pas que la grippe tue chaque année plus de personnes que le terrorisme. Ces imbéciles créent la peur mais il ne faut pas s’arrêter de vivre à cause d’eux. Bref, je n’allais pas renoncer à mon voyage au Portugal (je vous en parlerai d’ailleurs bientôt!), dont le départ était prévu le dimanche 17 avril. A ce moment-là, la totalité ou presque des vols avaient déjà été rapatriés à Brussels Airport, la bonne nouvelle c’était donc que je ne devais pas me rendre dans un autre aéroport. La mauvaise, c’est que j’avais entendu des amis et amis d’amis raconter les heures d’attente, la galère pour accéder à l’aéroport (la gare de train est toujours fermée, tout comme la bretelle d’autoroute menant à l’aéroport…). J’étais donc prévenue, j’allais devoir garder mon calme et surtout venir bien à l’avance à l’aéroport.

Habituée des hôtels pour le moment (vive la vie de nomade…), je n’ai pas hésité longtemps avant de décider de passer la nuit de samedi à dimanche dans un des hôtels proches de l’aéroport pour être sure d’être là de bonne heure dimanche matin. Après un petit tour rapide sur mes deux applications préférées du moment pour réserver des hôtels en last minute à petit prix, HotelTonight (d’ailleurs n’oubliez pas vos 20€ de réduction à votre inscription avec le code EHUBERT2 😉 ) et Book Now, je trouve rapidement un super deal, le tout nouveau Pentahotels Brussels Airport, à un peu plus de 40€ la nuit taxe de séjour comprise. Retenez cet hôtel, chers lecteurs, car pour avoir testé l’hôtel ibis voisin il y a quelques mois, il n’y a pas photo pour le même prix: les chambres sentent encore le neuf, elles sont hyper confortables et très propres, il y a une chouette salle de bain avec une petite trousse de produits anatomicals à embarquer avec soi dans l’avion, une bouteille d’eau gratuite, du wifi, et surtout la télévision à la demande gratuite, super pour passer une chouette soirée ciné vu qu’à part ça les environs de l’hôtel sont un peu mort, soyons clair ! Niveau ambiance, super chouette aussi: billard près de l’entrée, boules à facettes à la réception, resto pas trop cher (15€ pour un énorme sandwich Club chaud servi avec des frites et une bonne bière) et bar ouvert non-stop : bref, vraiment très chouette !

Comme la plupart des hôtels proches de l’aéroport, le pentahotels proposait une navette gratuite jusqu’à l’aéroport, ce qui me retirait une autre épine du pied. En prenant l’avant-dernière navette du matin à 9h30, je débarquais à l’aéroport moins de 15 minutes plus tard. Le cheminement jusqu’au terminus des bus est différent (vu que l’accès par autoroute est fermé), on passe par le village de Zaventem et par un premier contrôle de sécurité en entrant dans la zone Brussels Airport, mais aucun bouchon ce jour-là, tout est très rapide. Sur la route, sous l’autoroute fermée, les fleurs et les bougies sont toujours là, comme à la Bourse, premier pincement au cœur: c’est donc bien l’aéroport où j’ai tant de souvenirs qui a été touché, c’est bien réel.

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Arrivée au terminus des bus et des navettes, au lieu de rentrer vers le hall des départs comme d’habitude, l’accès est fermé, les panneaux de signalisation m’emmène vers les tentes temporaires installées juste à gauche du hall des départs, à deux pas de là. Il est un peu moins de 10h et les gens s’amassent déjà face à la première double tente. Pas de sécurité ici, pas de file organisée, c’est un peu la guerre, les gens essaient de s’engouffrer au plus vite, il fait super froid dehors (mais il ne pleut pas, ouf), et je me dis que si quelqu’un devait se ramener avec une bombe ici, elle ferait sans doute encore plus de victimes que le 22 mars… Mais qu’aurait-on pu faire d’autre? Après 20 bonnes minutes, j’arrive à l’intérieur de la tente (ce fut ma plus longue attente, à entendre certaines personnes autours de moi il y a peu de monde ce dimanche matin… encore heureux !). Choc thermique, il fait ici mourant de chaud, et la file pour contrôler toutes les valises n’en finit pas. Je suis tout de même impressionnée par tout le dispositif mis en place en si peu de temps (cabines de contrôle en béton, etc.), même si tout n’est pas parfait: du moment que je peux prendre mon avion en sécurité, c’est tout ce qui m’importe. De plus, tous les employés que je croise sont d’une extrême gentillesse, alors qu’ils ont du avoir un mois plutôt difficile j’en suis certaine. Tout le monde fait son possible pour que l’aéroport continue à tourner, et j’ai envie de tous les remercier.

Je sors enfin de la première tente, et à partir de là tout va un peu plus vite: après un petit passage sous la pluie, je rentre dans la deuxième tente, où se trouvent les guichets de quelques compagnies aériennes, puis je continue vers la tente suivante, sans passer par la case enregistrement des valises car j’avais choisi de ne pas en mettre en soute (autant ne pas donner de travail inutile à ces pauvres employés qui doivent porter les valises sans tapis roulants). Des panneaux de commémorations ont été installés ici pour permettre aux voyageurs qui le souhaitent de laisser un petit mot. Les larmes me montent aux yeux quand je réalise à nouveau où je suis et ce qu’il s’est passé. Malgré tout ce que j’ai pu voir dans les médias, j’ai l’impression de recevoir une grosse claque dans la figure ce matin…

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Je passe directement au contrôle d’identité, avant de monter les 5 étages d’escaliers (je vous rassure, les personnes handicapées sont prises en charge !), pour arriver aux contrôles de sécurité que je connaissais déjà (et qui n’avaient que quelques mois d’ailleurs, heureusement qu’ils n’ont pas été touchés !). Je retrouve ensuite le nouvel espace Connector, qui n’a pas changé lui non plus (à part quelques nouveaux magasins et restos), et me voici prête à prendre mon vol… 3h à l’avance ! Ahah ! Mieux vaut un peu trop tôt que trop tard, et vu que j’ai la chance d’avoir une carte Diners Club à mon travail, cela ne me dérangeait pas car j’ai accès grâce à celle-ci au Diamond Lounge, où j’ai donc pris mon petit-déjeuner puis un petit lunch tout en travaillant à quelques articles pour le blog : je n’ai donc pas perdu mon temps !

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Quant au retour, le hall des arrivées n’ayant pas été touché, les choses sont un peu plus faciles: on récupère ses valises comme avant, on sort au même endroit mais une partie du hall est tout de même fermée et on est obligé de sortir (que l’on soit venu en voiture ou en bus) par le parking situé en face du hall des arrivées, actuellement fermés aux voitures (qui doivent se garer dans le Parking 2). C’est assez drôle de voir descendre les voyageurs et leurs valises via les rampes habituellement destinées aux voitures, et avec la chaleur qu’il fait à notre arrivée ce jour-là, on rigole à moitié en se disant qu’on a l’impression d’être arrivés en Asie tant la situation parait irréelle pour la Belgique. Enfin, nous sommes de retour au terminus des bus, d’ailleurs nous ne devons pas attendre longtemps le bus 12 qui nous ramène dans le centre de Bruxelles…

Je vous écris ces mots à la veille de la réouverture partielle du hall des départs. Cette situation devrait donc changer dans les jours qui viennent. Si vous passez bientôt à Zaventem, je vous encourage donc à partager votre expérience et un petit update de la situation à l’aéroport en commentaire en bas de cet article, cela pourra peut-être aider d’autres voyageurs !

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Pis & Love chers lecteurs, et surtout bons voyages ! 🙂

5 commentaires

  1. Christelle Libotte sur Facebook

    1 mai 2016 à 12 h 47 min

    Je pars mercredi en train jusqu’à l’aéroport, je suis un peu stressée quand même… émue par les attentats mais stressée par les files et l’attente… merci pour ton feedback !

  2. Géry De Maet sur Facebook

    2 mai 2016 à 9 h 24 min

    Sans religion ? Hum…

    • Patrick

      2 mai 2016 à 12 h 01 min

      Ben oui, sans religions!
      Les monstres capables de cela sont sans foi et sans dieu.
      Aucune religion, aucune, ne demande de tuer en sont nom!

      Bravo Emma pour ton témoignage plein de bons sens et de ne pas tomber dans le piège de l’amalgame tant souhaitée par ses monstres!

      patrick

  3. Chacha Aventurière

    17 mai 2016 à 11 h 04 min

    Comme de nombreux français, je pars presque toujours de Brussels Airport. L’attentat a eu lieu quelques jours avant nos vacances de Pâques, nous sommes donc partis d’Ostende, par contre nous sommes rentrés par Brussels.
    Il n’y avait pas d’activité sur le tarmac, nous étions les seuls voyageurs, je ne pourrai pas oublier cette odeur de bois brûlé.
    Mon coeur a saigné quand j’ai eu connaissance du drame, mon coeur était serré quand je suis passée par là, mais mon coeur me dit ne pas avoir peur de voyager, et de continuer à partir de Zaventem comme je le surnome.
    Ton article est touchant, tu as trouvé les mots justes, gardons espoir, amis voyageurs restons unis.
    bizzz

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