Restaurant Menssa à Bruxelles : la table étoilée qui réinvente la gastronomie durable

Après plus de 20 ans passés à la tête de son célèbre restaurant doublement étoilé Bon Bon, le chef Christophe Hardiquest avait choisi de tourner une page sur celui-ci pour se consacrer à un nouveau projet : Menssa. Ouvert depuis 2023, son nouvelle adresse de Woluwé-Saint-Pierre représente un retour à l’essentiel : une gastronomie plus durable, plus humaine, plus vivante. J’avais testé une première fois le restaurant peu après son ouverture, et j’y suis retournée ce mois-ci pour découvrir l’évolution du chef et de sa cuisine, aujourd’hui à nouveau étoilée.

Disclaimer : cet article a été écrit suite à une invitation presse. Mon opinion reste, comme d’habitude, entièrement indépendante.

Menssa : une nouvelle expérience de la haute gastronomie

Dès que l’on entre chez Menssa (après avoir passé leur petit jardin potager), on comprend tout de suite que l’expérience sera différente : à l’inverse de certains grands restaurants impersonnels, ici, tout s’organise autour d’un grand comptoir en bois qui accueille les convives face à la cuisine ouverte, où l’on peut observer le chef Christophe Hardiquest et son équipe à l’oeuvre (une expérience qui me rapelle toujours les meilleurs omakase du Japon).

On a presque l’impression de faire partie nous aussi du service, et ce sentiment est encore renforcé lorsque l’on vous propose de venir choisir vous-même, en début de service, votre couteau. Présentés sur de grands rondins de bois, chaque couteau représente un épisode de l’histoire du chef.

Si le chef en avait étonné beaucoup en annonçant la fermeture de Bon Bon pour « recommencer à zéro », aujourd’hui, on peut le dire : le paris est réussi ! Car si la qualité qui a fait sa réputation est toujours bien présente, on apprécie ce retour à l’essentiel : ici, l’accent est vraiment mis sur les produits et leurs producteurs, avec une place importante accordée à la nature et à la durabilité, mais aussi à l’art de la table et à la convivialité – et dieu sait que ce dernier point manque encore à beaucoup d’autres restaurants étoilés.

Le futur est aussi assuré grâce à la formation de la nouvelle génération : l’équipe est étonnemment jeune, mais leur passion est indiscutable (avec une mention spéciale pour la jeune sommelière qui Madison Martin qui trouve de vraies pépites pour les accords mets-vins !). Bref, si vous aussi vous en avez marre de voir trop de chichis, et toujours la même chose partout, je pense bien que Menssa va vous étonner – comme il a à nouveau réussi à m’étonner moi.

Un menu tourné vers le végétal

Chez Menssa, le chef Christophe Hardiquest s’inspire de la nature avant tout, avec des menus qui évoluent au fil des saisons, et qui sont toujours centrés sur les produits qu’il sélectionne avec soin, et qui ne sont pas « hiérarchisés », comme c’est souvent le cas ailleurs : chaque produit (« noble » ou pas) sera sublimé de la même manière dans les assiettes.

L’un des aspects que j’ai trouvé le plus intéressant dans la cuisine du Menssa, c’est sans aucun doute la place accordée au végétal, qui s’est encore renforcée depuis ma première visite, et qui est devenue l’une des marques de fabrique du restaurant. Le chef y propose d’ailleurs un menu entièrement végétarien, et tout aussi créatif que le menu « classique », qui d’ailleurs reste lui aussi très végétal. Les protéines animales sont limitées avec un accent mis sur la qualité plutôt que la quantité, et les plats 100% végétariens sont si bien pensés qu’on ne rend parfois même pas compte qu’ils le sont – de quoi convaincre les plus réticents à la cuisine végétarienne !

Après quelques mises en bouche pour accompagner en beauté notre apéritif, le repas a débuté avec une délicate panna cotta de haddock fumé de la Côte d’Optale, chou-rave, verveine et caviar Caspian Tradition.

J’ai eu un énorme coup de coeur pour la seconde entrée, le « carpaccio de bœuf du jardin », avec une vinaigrette façon Harry’s Bar, céleri et olives noires. Le « boeuf du jardin » étant en réalité… des tomates ! Celles-ci étaient les stars de ce plat, absolument incroyables. Un trompe l’oeil vraiment réussi.

Le repas s’est poursuivi avec des gnocchi à la truffe noire, jus réduit et vieux parmesan : l’utilisation de fécule de pomme de terre leur donne un côté aérien, ultra léger pour des gnocchi. L’exemple parfait d’un plat à l’apparence très simple mais qui ne l’est pas tant que ça, parfaitement pensé et exécuté.

Puis est arrivé un magnifique lieu glacé accompagné de crème d’avocat, brocoletti brûlé, beurre au fenouil fermenté et Chartreuse verte, avant de terminer en apothéose la partie salée du repas avec un très gourmand pigeon rôti au foin, tomate à l’anguille et basilic et croquette d’oignon rouge au cassis. Les associations de saveurs sur ces deux plats étaient plutôt originales, et à nouveau très réussies.

Le voyage culinaire s’est conclu avec un dessert autour du café turc, de la cardamome et d’une glace à la chicorée. Un dessert léger parfait pour digérer et se rafraîchir au vu des températures actuelles !

Bref, que ce soit pour un moment en amoureux ou entre amis, ou pour fêter une occasion particulière, le restaurant Menssa est devenu l’une des valeurs sûres de l’est de Bruxelles.

Plus d’informations sur le restaurant et réservations en ligne : menssa.be

 

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