Mes conseils pratiques pour voir les aurores boréales

Il m’aura fallu 5 essais pour enfin réussir à voir des aurores boréales durant un voyage dans le grand nord. Je pensais que j’avais la poisse ! Mais pour tout vous dire, j’aurais sans doute pu en voir bien avant si j’avais fait de meilleurs recherches, et appliqué les conseils que je vais partager avec vous dans cet article. Et cela vaut le coup de s’organiser, car voir les fameuses « Northern lights », comme on les appelle en anglais, danser dans le ciel, c’est une expérience vraiment inoubliable – et ce fut l’un des highlights de mon roadtrip hivernal en Laponie norvégienne. Voici donc tout ce que vous devez savoir pour mettre toutes les chances de votre côté !

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Où et quand peut-on voir des aurores boréales ?

Mon premier conseil et l’un des plus importants pour voir des aurores boréales, c’est de partir à la bonne période, et au bon endroit !

Les aurores boréales sont un phénomène cyclique

Pour commencer, il faut savoir que l’activité solaire suit un cycle de 11 ans et cet hiver 2025-2026, elle a atteint son pic (d’où le fait qu’on en ait vu aussi par chez nous aussi). C’est donc l’année parfaite, mais l’activité ne va pas rediminuer d’un coup non plus : l’année prochaine devrait être encore au top – mais ne tardez pas trop non plus à organiser votre voyage car l’activité va baisser progressivement dans les prochaines années après ça !

L’oval boréal : la zone des aurores

Je vous passe les détails scientifiques, mais pour résumer, les aurores boréales apparaissent dans « l’oval boréal » (aussi appelé oval auroral), qui désigne la zone en forme d’anneau qui se trouve autour du pôle magnétique nord, entre 65 et 75 degrés de latitude nord. Il y a aussi des aurores qui apparaissent autour du pôle sud, mais celles-ci sont appelées aurores australes. On peut en voir en Nouvelle-Zélande (nous n’en avons pas vu) et au sud de l’Amérique du Sud. Cet article sera dédié uniquement aux aurores boréales, donc à celles du grand nord.

Ca ne veut pas dire qu’on ne peut pas en voir parfois en dehors de cette zone, mais c’est là que leur intensité sera plus grande et donc là où elles pourront le mieux se voir à l’oeil nu. Donc oui, on peut parfois aussi en voir bien plus au sud, et on en ailleurs d’ailleurs vu plusieurs fois en France et en Belgique ces dernières années mais : 1) cela correspondait au pic de l’activité solaire (cela n’aura donc pas lieu tout le temps), 2) ça dépend des tempêtes solaires qui sont très aléatoires et surtout 3) on ne verra jamais aussi bien à l’oeil nu les aurores dans nos contrées que dans le grand nord (en gros, plus elles sont loin de l’oval boréale, plus l’activité doit être intense pour les voir à l’oeil nu). Et croyez-moi, ce n’est vraiment pas la même chose de voir une aurore sur son téléphone versus la voir danser de ses propres yeux dans le ciel ! C’est surtout pour cette raison que rien ne remplace la magie d’un voyage en Laponie pour en voir.

La situation géographique de Tromso fait que c’est sans doute LA meilleure zone pour en voir. Et donc ce n’est pas si étonnant que c’est là que j’en ai finalement vu, après des gros flops TROIS fois en Islande (météo trop capricieuse : le pays est splendide mais n’y allez pas juste pour les aurores, c’est plutôt un bonus chanceux là-bas), et plus au sud de la Laponie en Finlande. Les autres destinations populaires en Laponie, dans l’oval boréal, et où il y a aussi beaucoup de chance d’en voir, sont :

  • en Norvège : tout ce qui est au nord de Tromso est aussi top (Alta, Kirkenes) – il semblerait que la Norvège soit vraiment la partie de la Laponie avec le plus de chance d’en voir bien, et souvent.
  • en Suède : Abisko, Kiruna
  • en Finlande : Ilavo, Rovaniemi

Nous en avons aussi vu plus bas en Norvège, dans les Lofoten, même si la météo est un peu plus compliquée de ce côté (privilégiez plutôt Tromso si votre but premier, ce sont les aurores). Proche de Tromso, l’île de Senja fut vraiment mon coup de coeur en Norvège et on y a vu les plus belles aurores du voyage, depuis un hébergement incroyable qui s’y prêtait entièrement (cabane vitrée, jacuzzi extérieur, bonne orientation : le top !).

La zone la plus touristique est clairement la Laponie, mais il est aussi possible de voir des aurores dans la partie supérieure du Canada par exemple, en Alaska ou en Russie, si vous avez envie d’une expérience encore plus aventureuse.

La saison des aurores boréales

C’est entre août et avril qu’il y a la possibilité de voir des aurores boréales dans la zone de l’oval boréal. Mais je vous conseille de bien considérer la météo de l’endroit où vous comptez aller ! En effet, qui dit nuages, neige ou pluie dit très peu de chance de voir des aurores (même si ce n’est pas impossible).

D’un mois à l’autre, l’expérience ne sera pas la même :

  • Le début et la fin de la saison (août, septembre, mars, avril), c’est pas mal pour ne pas avoir trop froid en attendant les aurores boréales, et il y a moins de risque de neige (et de ciel couvert), mais les nuits sont aussi plus courtes (et donc moins de temps pour en voiture en soirée). Exception pour les deux périodes proches des équinoxes (aux alentours du 21 septembre et du 21 mars), qui sont des périodes où les aurores sont en général plus actives. En dehors des équinoxes, je trouve qu’il faut quand même pas mal de chance, surtout en août et avril. Personnellement, je n’en ai pas eu, et si c’est votre première tentative pour voir des aurores, je ne recommande pas vraiment ces périodes.
  • En octobre et novembre, la météo peut-être vraiment capricieuse, avec souvent plus de pluie que de neige, donc ce n’est pas le plus agréable (quitte à avoir plus froid, autant se garantir de la neige, non ?). En plus, un ciel nuageux et de pluie n’est vraiment pas idéal pour voir des aurores, évidemment.

  • En décembre et janvier, la neige est garantie et les jours sont très courts voir presque inexistants dans les régions les plus nordiques. C’est parfait pour l’observation des aurores boréales, dont c’est la pleine saison, mais ça sera un peu moins agréable pour le reste de votre voyage (car c’est quand même très sympa de profiter des paysages enneigés en journée !). Il reste quand même le problème des nuages et de la neige : pendant qu’il neige (souvent à cette période), la possibilité de voir des aurores est très faible. L’autre inconvénient de cette période, ce sont les prix qui explosent (surtout entre la mi-décembre et la mi-janvier). 
  • Il reste donc février, qui est pour moi le meilleur mois pour partir : les journées redeviennent plus longues mais il y a toujours de la neige, et c’est juste le timing parfait pour rentrer de son excursion du jour, manger, faire une petite pause, et ressortir voir des aurores juste après ! C’est à cette période que j’ai fait le voyage où j’ai finalement réussi à voir des aurores et si c’était à refaire, je repartirais à nouveau en février (jusqu’à début mars au maximum).

Attention : vous n’êtes pas sans savoir que la météo a tendance à de plus en plus varier d’année en année, donc vous pourriez très bien avoir une tempête solaire et des aurores de dingue en plein novembre, et ne pas avoir de chance en partant en février. Il ne faut pas oublier que ça reste un phénomène naturel, et qu’il reste toujours, quoi qu’il arrive, une part de chance pour que toutes les conditions soient réunies.

A quelle heure peut-on voir des aurores et combien de temps ça dure ?

Enfin, sachez également qu’en théorie vous pouvez voir des aurores boréales toute la nuit, à partir du coucher du soleil (on peut même parfois en voir avant même qu’il fasse entièrement noir). Globalement, le plus d’aurores que l’on a vu, c’était entre 18h et minuit.

La durée des aurores boréales varie énormément : certains soirs, ça peut durer à peine 15 minutes et puis plus rien, et d’autres vous aurez un spectacle magnifique durant toute la nuit ou presque (bon, ces soirs-là sont quand même moins nombreux, on ne va pas se mentir !).

Combien de temps partir pour voir des aurores boréales ?

Un autre conseil ultra important, et que je n’avais vraiment pas bien pris en compte lors de mes précédents voyages, c’est que les aurores boréales demandent du temps et de la patience. Avant, je n’étais jamais restée plus de 5 jours d’à filée dans la « zone à aurores », et si comme moi vous n’avez pas de chance, ça peut ne pas être suffisant. Il n’est vraiment pas rare qu’il fasse quasi entièrement nuageux pendant toute une semaine d’à filée en Laponie… C’est pourquoi cette fois-ci, je suis partie 10 jours (à une période réfléchie, et à un emplacement parfait). Et ça nous a finalement permis d’en voir 9 jours sur 10 avec 2 soirs particulièrement forts !

Essayez aussi si vous le pouvez de rester plusieurs jours au même endroit : les nuages peuvent bouger, donc si vous faites un roadtrip où vous parcourez de grandes distances tous les jours, vous pourrez ne jamais en voir si vous suivez les nuages…

Les applications mobiles pour suivre l’activité des aurores boréales : indispensables

Vous avez décidé de l’endroit et du timing de votre voyage, maintenant vous pouvez encore suivre quelques astuces en plus pour vraiment mettre toutes les chances de votre côté une fois sur place ! Et cela va passer par suivre de près plusieurs sites et applications mobiles sur votre téléphone.

Ce qui est vraiment indispensable, c’est de suivre une application mobile dédiée aux aurores boréales et (ultra important !) d’activer les notifications pour être alerté quand l’activité augmente. Il existe plusieurs applications, mais de mon côté j’utilise surtout l’app Aurora. Je vous conseille de la laisser en permanence sur votre téléphone car cet app vous localise et c’est donc aussi elle qui pourra vous prévenir en cas de possibilité d’aurores en France ou en Belgique.

Les applications de prédiction des aurores ne sont pas toujours fiables à 100% mais elles sont quand même d’une très grande aide. Par exemple, on a parfois vu des aurores alors que d’après l’app, la chance d’en voir était de 0%, mais par contre, pour les deux aurores les plus fortes du voyage (et donc les plus belles à voir à l’oeil nu), l’application nous avait bien prévenu.

Ces applications vous donneront plein de mesures, mais les 3 les plus importantes à regarder sont le KP, le Bz et le Bt. Le KP, c’est la mesure principale pour les aurores boréales, qui corresond à l’activité géomagnétique, mesurée sur une échelle allant de 0 à 9. Plus le chiffre est élevé, plus la puissance de l’aurore sera forte. Mais quand vous êtes dans l’oval boréal, vous pouvez déjà voir de belles aurores avec un KP de 1, donc suivre uniquement le KP n’est pas suffisant. En effet, la chose la plus importante à retenir, c’est que même si le KP est haut, il faut absolument que le Bz (orientation magnétique du vent solaire) soit négatif (-20 ou plus) et que le Bt (intensité totale du champ magnétique du vent solaire) soit elevé pour voir des aurores. Par exemple, le plus beau spectacle du voyage, on l’a eu avec un KP annoncé de 1, mais un Bz très bas et un Bt très haut.

Par contre, malheureusement, vous aurez beau avoir toutes les conditions techniques réunies, si le ciel est couvert, vous ne verrez rien ou presque. C’est pourquoi, en parallèle à l’application aurores de votre choix, il vous faudra aussi surveiller au moins une application météo qui inclus une carte du vent et des nuages (par exemple Windy). Il est important de bien regarder la direction du vent et des nuages, et son évolution au cours de la soirée. Cela vous permettra de décider si vous restez où vous êtes déjà, ou si éventuellement vous prenez la voiture pour vous rendre dans un endroit où les conditions ont l’air meilleures. Attention : mon conseil n’est pas forcément de faire 3 heures de route si vous voyez un trou sans nuage loin de vous car ces applications ne sont jamais fiables à 100%, et à l’inverse, on a quand même souvent eu de bonnes surprises en attendant dans des endroits où il pleuvait ou où le ciel était couvert (car il finit toujours bien par avoir de petites interruptions).

Enfin, pour vous aider encore plus, vous pouvez aussi chercher des webcams qui se trouvent près d’où vous êtes. Par exemple, à Tromso, il y a plusieurs webcams accessibles en continu en ligne, ce qui vous permettra de voir la situation nuageuse réelle notamment.

Patience et persévérance : les aurores boréales se méritent souvent

Un autre conseil qui semble bateau mais qu’on a quand même souvent tendance à oublier, c’est que les aurores boréales nécessitent de la patience et de la persévérance !!! A nouveau, il ne faut jamais se fier à 100% aux alertes ni à la météo. Le mieux, c’est de passer le plus de temps possible dehors, et de surveiller le ciel de vos propres yeux et aussi en prenant des photos avec votre téléphone. Le téléphone va révéler les faibles aurores que l’on ne peut pas voir à l’oeil nu. Souvent, quand on commençait à en voir avec le téléphone, l’intensité augmentait un peu plus tard (si le ciel ne se couvrait pas entre temps).

C’est pourquoi pour moi, le mieux c’est de se trouver à côté d’un point chaud où on peut aller se réchauffer et faire des pauses tous les 30 minutes par exemple : une voiture chauffée, un hébergement isolé loin de la pollution lumineuse, avec un toit transparent (d’où l’attrait des domes glamping en Laponie…), un feu de camp, et le must selon moi le jacuzzi extérieur (je vous jure qu’on fait difficilement mieux que de pouvoir rester à observer les aurores tranquillement depuis son jacuzzi).

N’oubliez pas non plus de bien vous orienter et d’avoir une vue bien dégagée vers le nord (même si la plus grosse aurore que l’on a vu s’étendait vraiment tout autour de nous, c’était d’ailleurs incroyable) et de choisir un emplacement ave le moins de pollution lumineuse possible (les lumières de la ville empêchent de voir les aurores à l’oeil nu).

Les avantages et inconvénients des tours organisés vs. le self-drive

Vous l’aurez donc compris, la pollution lumineuse fait que les villes ne sont pas du tout le meilleur endroit pour voir des aurores boréales, ou en tout cas de bien les voir à l’oeil nu. Cela ne veut pas dire que vous n’en verrez pas par exemple à Tromso, mais il faudra vous éloigner au maximum des lumières des rues, et puis le cadre n’est quand même pas aussi charmant qu’en pleine nature.

Les aurores en ville : 

Les aurores en pleine nature : 

Mais c’est pour cette raison qu’un moyen de transport est vraiment un très grand atout pour la chasse aux aurores. 

La première option, et souvent la moins chère, c’est de louer une voiture de location (je vous recommande DiscoverCars). En général, vous pouvez compter que vous pourrez louer une voiture pendant quasi une semaine pour le même prix qu’une seule soirée d’excursion guidée aux aurores ! La conduite sur la neige n’est pas vraiment compliquée, car les routes sont bien entretenues, et les voitures de location sont toutes bien équipées pour ce type de conduite. Et c’est ce qui vous donnera le plus de liberté, et vous permettra de passer autant de temps que vous le voulez à observer les aurores une fois que vous les avez trouvées.

Si malgré tout, vous ne vous sentez pas de rouler de nuit sur de la neige (honnêtement, je peux vous comprendre et personnellement ça me stresse quand même donc si je n’avais pas eu Monsieur pour conduire, ne n’aurait probalement pas osé conduire par moi-même), la solution la plus simple, mais aussi la plus chère, va être de participer à des tours organisés de chasse aux aurores boréales, qui sont organisés tous les soirs dans les grandes villes touristiques de Laponie (voir sur GetYourGuide pour un grand choix de tours à Tromso, à Rovianemi, à Abisko, ou encore à Kiruna. Comme vous le verrez en comparant les offres, les prix peuvent grandement varier d’un prestataire à l’autre, et il faut faire bien attention et regarder ce qui est inclus.

Souvent, les tours les plus chers sont les tours en petit groupe, parfois même avec garantie d’aurore (vous pouvez repartir un second soir si vous n’en avez pas vu), et parfois avec de la nourriture incluse. Les tours les moins chers sont souvent dans des grands bus (pas un gros inconvénient en soi, car ils ont leurs spots), peuvent durer moins longtemps (moins d’efforts d’aller plus loin si vous n’en trouvez pas) et il n’y a souvent pas de repas ou snack inclus. A vous de choisir en fonction de votre budget, mais en gros, je pense que les tours bien notés se valent un peu tous, c’est surtout la météo qui va décider de ce que vous allez voir plutôt que du tour car ils savent ce qu’ils font et sont habitués à les trouver. Ce que je vous déconseille par contre, ce sont les « croisières aux aurores » car il faut de la chance de se trouver dans une zone dégagée ce soir-là et vous pourrez moins facilement vous déplacer en fonction des nuages.

En bref : idéalement, ce que je vous recommande, c’est de faire comme nous l’avons fait lors de ce voyage : commencer par chercher les aurores par vous-mêmes, et vous laissez l’option de participer à une excursion guidée à la fin du voyage si vous n’avez toujours pas réussi à en voir par vous-mêmes à ce moment-là.

Enfin, la dernière option c’est de passer par une agence de voyage qui organisera l’entiereté de votre séjour. Voici deux bonnes options en fonction de votre budget et type de voyage souhaité : 

  • Voyages Laponie par Travelbase, des voyages en petit groupe dans des hébergements confortables, avec plusieurs activités  inclues, dont une expédition aux aurores boréales (mais aussi les autres immanquables de Laponie, comme la balade en chiens de traineaux, randonnée en raquettes,… Les prix sont assez accessibles.
  • Tourlane, une agence de voyage sur mesure qui peut organiser votre voyage en Laponie norvégienne ou en Islande en fonction de vos envies (vous aurez 100€ de réduction en passant via mon lien).

Comment prendre en photos des aurores boréales ?

La photographie des aurores boréales, c’est un grand sujet ! Je pourrais vous dire d’acheter un appareil photo hors de prix et vous faire apprendre tous les réglages compliqués à appliquer pour avoir des photos nettes, mais honnêtement : je me rends bien compte que la plupart d’entre vous n’êtes pas des photographes et même moi, j’ai eu la flemme (oups) et j’étais tellement prise de cours et absorbée par le spectacle à chaque fois que j’ai finalement préféré photographier les aurores uniquement à l’iPhone. Donc oui, toutes les photos de cet article ont été prises avec mon téléphone, et je ne le regrette pas : j’aurais moins profité du spectacle autrement.

Avec un des nouveaux iPhone, c’est vraiment devenu un jeu d’enfant de faire des bonnes photos de nuit, et des aurores boréales aussi. Les vidéos sont aussi possibles, même si elles seront un peu moins nettes (mais je vous conseille de lancer un accéléré pour bien voir la danse des aurores dans le ciel, c’est vraiment magique !). Le plus important c’est de vous assurer que le flash est désactivé et de sélectionner l’exposition la plus longue possible en mode nuit.

Pour avoir une photo la plus nette possible, je vous recommande fortement par contre d’utiliser un trépied (que ce soit pour un appareil photo ou un téléphone). J’ai parfois fait des photos sans, mais on voit directement la différence : c’est quasi impossible de ne pas du tout bouger pendant 10 secondes ou plus, le temps de l’exposition ! Pour l’iPhone, j’ai acheté ce trépied sur Amazon. C’est l’un des moins cher, et il est de bonne qualité niveau stabilité. Le seul inconvénient c’est le bouton pour le déclenchement à distance qui a tendance à se détacher (et oui, j’ai fini par le perdre évidemment). Pour mon appareil photo, j’ai ce trépied, de très bonne qualité, mais que je n’ai donc finalement pas utilisé car il faut vraiment un trépied sur pied, pas un compact, pour ce type de photos.

La lune change aussi la luminosité du ciel : c’est plus facile de les prendre en photo quand on la voit, mais à la nouvelle lune le ciel est aussi plus sombre et donc on voit encore mieux les aurores à l’oeil nu.

Est-ce que l’on voit vraiment les aurores à l’oeil nu ? 

C’est la question que je me posais également avant d’enfin en voir : est-ce qu’on les voit vraiment à l’oeil nu, ou est ce que tout le monde « ment » et en fait, ce qui apparait en photo ou vidéo n’est que très peu visible à l’oeil nu ? La réponse, c’est que ça dépend ! Les aurores les plus puissantes se voient très bien à l’oeil nu, et les plus faibles presque pas ou pas du tout. Souvent, en Laponie, les aurores « moyennes » se voient à l’oeil nu, mais elles ne sont pas aussi vertes qu’en photo (c’est un vert plus clair qui tire même vers le blanc quand elles ne sont pas très puissantes). Pour les plus puissantes, vous pouvez même avoir d’autres couleurs comme du bleu, du mauve ou du rose (mais celles-là se voient aussi plus difficilement à l’oeil nu).

Pour vous donner une meilleure idée, voici quelques exemples pour chaque « niveau » d’aurore.

Niveau 1 : on ne voyait pas ou presque pas les aurores à l’oeil nu, mais elles apparaissaient bien en photo.

Niveau 2 : on les voyait à l’oeil nu mais les couleurs n’étaient pas très visibles (on pourrait les confondre avec des nuages blancs), par contre les couleurs étaient beaucoup plus intenses en photo.

Niveau 3 : on les voit bien à l’oeil nu, avec du vert, mais on ne les voit pas bouger. En photo, ça commence à être incroyable.

Niveau 4 : on les voit bouger à l’oeil nu ET en photo avec encore plus de couleurs. Le rêve quoi !

Le parfait équipement du chasseur d’aurores boréales

Enfin, je terminerai cet article avec quelques conseils pratiques au niveau de l’équipement à prendre avec soi pour aller chasser les aurores boréales. Car ce n’est pas le tout d’en voir : encore faut-il être bien équiper pour profiter confortablement du spectacle et ne pas avoir envie de rentrer au bout de 5 minutes… ça serait dommage !

Il faut savoir qu’il peut faire très, très froid l’hiver en Laponie et les températures varient d’une année à l’autre. Par exemple, à la mi-février, on a eu jusqu’à -25 degrés en Norvège, alors que l’une d’entre vous me disait qu’elle avait eu des températures quasiment positives à la même période l’année d’avant. Il fait en général un peu moins froid le long des côtes que dans les terres, mais j’ai aussi remarqué que les nuages avaient souvent tendance à s’accumuler justement le long des côtes, et moins dans les terres, donc il faut choisir son combat… ;) Bref, il faut prévoir des vêtements pour des températures allant de très très froid à juste froid – je sais, c’est parfois un peu compliqué de faire sa valise à cause de ça !

Mais honnêtement, avec de bons vêtements, ce sont des températures auxquelles on finit par s’habituer en journée. Le problème, c’est la nuit lorsque l’on chasse les aurores : c’est là qu’on sent vraiment le froid, quand on reste immobile, à attendre parfois pendant des heures que les aurores pointent le bout de leur nez (et parfois le vent rend les choses encore plus compliquées).

Voici les éléments clés du parfait équipement du chasseur d’aurores boréales selon moi :

  • Prendre des couches extérieures chaudes et imperméables (veste, pantalons, chaussures) et en dessous de ça multiplier les couches de vêtements thermiques pour s’adapter aux températures du jour. Je recommande chaudement la gamme Heattech d’UNIQLO qui a le meilleur rapport qualité-prix que j’ai vu jusqu’ici (et ils sont tellement confortables que je les porte chez moi tout l’hiver aussi !).
  • Les petits plus qui font aussi la différence : les chaussettes en laine (garde bien plus au chaud, surtout quand on ne bouge pas), deux couches de gants (des gants de ski et par dessous des gants tactiles que l’on peut garder pour prendre les photos, sinon les mains gèlent directement et ce n’est vraiment pas agréable) et un cache nez en polaire (Monsieur en avait pris un et moi pas, autant vous dire que je l’ai amèrement regretté).
  • Des chaufferettes pour les mains et les pieds (ça change la vie). La marque Thermopad, c’est vraiment bien (ici pour les mains, et ça pour les pieds)
  • Une batterie externe, car les téléphones se déchargent plus vite avec le froid (voici celle que j’ai – ce n’est pas la moins chère mais elle est vraiment costaude et supporte bien les températures extrêmes).
  • Prendre de quoi manger et boire : des petits snacks pour passer le temps, et des boissons chaudes pour se réchauffer. Nos gourdes isothermes Hydro Flask nous ont une fois de plus sauvé la vie. C’est la seule marque que je connais qui garde vraiment au chaud pendant une journée même avec des températures extrêmes.

 

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Texte et photos : Emmanuelle Hubert et Kevin Berger

 

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