Visiter le Damaraland en Namibie : Spitzkoppe, Brandberg, Vingerklip

Après avoir exploré la côte namibienne, notre roadtrip en Namibie se poursuit dans le Damaraland, sur la route d’Etosha. Cette région historique du nord-ouest de la Namibie est surtout connue pour ses paysages spectaculaires, ses peintures rupestres et ses éléphants du désert. La zone est vaste, et assez peu touristique. Nous avons passé 3 nuits dans le Damaraland, en choisissant un itinéraire alliant belles adresses d’hébergements, visites incontournables et découvertes plus méconnues. De Spitzkoppe au massif du Brandberg et jusqu’à Vingerklip, découvrez dans cet article un petit aperçu de cette région namibienne riche en expériences variées.

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Visiter le Damaraland en pratique

Le Damaraland est une dénomination historique et aujourd’hui encore utilisée au niveau géographique, culturel et touristique, qui couvre une grande partie des régions d’Erongo et de Kunene. La route principale qui traverse la région est la C35. Cette région semi-désertique doit son nom au peuple Damara, qui est l’un des plus anciens groupes ethniques de Namibie.

La plupart des touristes ne s’arrêtent que brièvement dans le Damaraland, qui se trouve sur le chemin entre Walvis Bay et Swakopmund sur la côte, et le parc national d’Etosha. Les deux endroits les plus « touristiques » (tout est relatif) sont les peintures rupestres de Twijfelfontein, qui sont classées à l’UNESCO, et le massif du Brandberg pour voir les éléphants du désert, qui vivent dans les lits asséchés des rivières qui traversent la région.

Voir les éléphants du désert, c’est vraiment LE truc à faire dans cette région et l’arrêt que vous devez absolument prévoir sur votre route. Si c’est la seule activité que vous souhaitez faire, une nuit peut être suffisante. Sinon, je vous recommande de prévoir quelques nuits de plus pour avoir également le temps de visiter au moins un des sites de peintures rupestres, et de profiter des paysages de la région. Aller jusqu’à Twyfelfontein est un assez gros détour, mais je vous proposerai dans cet article une très bonne alternatif qui se combine très facilement à une excursion pour voir les éléphants. Outre ceux-ci, il est aussi possible de voir pas mal d’autres animaux sauvages sur le bord de la route, même s’il n’y a pas autant de variété qu’à Etosha, évidemment.

Spitzkoppe

Spitzkoppe est la porte d’entrée sud du Damaraland. Cette région, qui m’a beaucoup rappelé l’Utah, est connue pour ses paysages de granite aux tons orangés. Depuis Swakopmund, on y accède le plus facilement en prenant la route B2 puis en suivant les panneaux d’indication vers la réserve.

L’accès au site de Spitzkoppe est payant et la zone est divisée en deux parties. Dans la première partie, vous pourrez circuler librement avec votre propre voiture. Il y a plusieurs randonnées à faire dans celle-ci, et on peut aussi voir la fameuse arche qui est le point d’intérêt le plus connu de Spitzkoppe (il ne faut que quelques minutes de marche pour y accéder).

Pour tout ce qui est peintures rupestres, qui se trouvent essentiellement dans la seconde partie de la réserve, il vous faudra obligatoirement prendre un guide. Il n’y a pas de prix fixe, vous pouvez leur donner ce que vous souhaitez. Malheureusement, l’art rupestre a été bien endommagés ici, et il ne reste plus grand chose à voir. Il y a aussi plus d’animaux dans cette seconde partie, on a notamment vu des zèbres et des dik-diks.

Mon avis : Spitzkoppe est intéressant à voir mais on en fait vite le tour. Il fait selon moi bien trop chaud que pour y faire de longues randonnées, et si vous avez déjà été dans l’ouest des USA, notamment le parc des Arches, vous ne serez peut-être pas si impressionnés que ça par cet endroit.

Les montagnes d’Erongo

Au lieu de continuer directement en direction du Brandberg (ce que vous pouvez faire si ce sont juste les éléphants qui vous intéressent), nous avons d’abord fait un beau détour en direction des montagnes d’Erongo, qui offrent d’autres sublimes paysages.

La route 2315 permet d’observer beaucoup d’animaux directement depuis sa voiture. Elle traverse la réserve d’Erongo Mountains, où des rhinocéros noirs ont même été réintroduits. Mais avec la sécheresse, ils restent plutôt dans les montagnes ces dernières années, nous a-t-on dit.

Omurenga Lodge

La zone d’Erongo est très pauvre en hébergements, mais c’est aussi tout ce qui fait son charme : on a vraiment l’impression d’être au bout du monde ! Le long de la route 2315, vous trouverez tout de même quelques lodges, comme l’Omurenga Lodge où nous avons logé, ou pour un budget inférieur le Ai Aiba Rock Painting Lodge (qui se trouve à côté du San Living Museum – une activité sympa pour découvrir la culture San si vous ne l’avez pas encore fait ailleurs).

L’Omurenga Lodge était clairement l’un des plus beaux hébergements de ce voyage ! Ce lodge de rêve est perché au sommet d’une petite colline, avec des vues à couper le souffle sur les environs. Il n’y a que quelques chambres, chacune installée dans des chalets avec chacun un thème différent : zèbre, pour le nôtre ! C’était le luxe suprême, avec un grand espace salon et cuisine entouré par une énorme terrasse, une chambre avec un lit ultra King size donnant sur une deuxième terrasse avec transats, une énorme salle de bain avec douche à l’intérieur, et jacuzzi avec vue à l’extérieur.

Mais la cerise sur le gâteau, c’était clairement la piscine commune (mais nous étions les seuls clients ce jour-là !), à la vue de rêve ! Avec des jumelles, on pouvait même observer pas mal d’animaux en contrebas. Seul bémol : l’eau très fraîche en plein hiver namibien (mais c’était bien revigorant !).

Ce logement n’est certes pas donné, mais tout était vraiment parfait. Le repas du soir, qui était en supplément, était excellent et un des meilleurs repas de ce voyage : une vraie cuisine maison avec de très bons produits, ce qui reste rare dans des lodges. Et c’est sans parler du petit-déjeuner de folie, avec notamment de délicieuses confitures maisons. Même les produits de bain sont namibiens et sentent extrêmement bons (c’est la marque Desert Secrets). Bref, un endroit parfait si vous cherchez un ou deux jours de repos total pour faire une petite pause durant votre roadtrip. Il est aussi possible de participer à quelques excursions au départ du lodge, notamment un tour en jeep au coucher du soleil (mais nous avons préféré profiter un peu de cet endroit magique).

Voir plus de photos et les tarifs actuels ici.

Erongo Mountain Winery

Nous avons ensuite continué la route 2315 jusqu’à Omaruru, où se trouve une autre activité originale : une visite de la Erongo Mountain Winery, un petit vignoble au milieu des montagnes ! Bon, celui-ci n’a vraiment rien à voir avec les gros vignobles sud-africains, surtout après plusieurs années de sécheresse. Et même s’ils doivent faire venir une bonne partie de leurs raisins d’Afrique du Sud, ils s’adaptent aussi en produisant de la tequila, du gin, du whisky,… 

On peut déguster la gamme de leurs produits durant une dégustation commentée, que nous avons pu faire tout en prenant notre repas du midi. On y a mangé… du phacochère, préparé dans un style bien allemand !

Les vins ne sont pas mauvais mais sans plus. Le rapport qualité-prix reste bien meilleur en Afrique du Sud, mais c’est normal.

Le massif du Brandberg

Depuis Omararu, nous avons pris la route C36 jusqu’à Ais, qui est la base principale pour explorer le massif du Brandberg, qui domine le Damaraland. En effet, la montagne du Brandberg est la plus haute montagne de Namibie ! La région du Brandberg est connue comme la montagne de feu (d’où son nom en allemand et afrikaans) car elle prend un ton rouge vif pendant quelques minutes au lever du soleil.

L’intérêt de cette région est qu’elle permet de combiner facilement les deux activités incontournables du Damaraland : les éléphants du désert et les peintures rupestres.

Pour visiter le Brandberg, vous pouvez opter pour un séjour en lodge, ou pour un hébergement plus abordable dans la petite ville d’Uis. Comme j’ai changé cette étape en last minute, les lodges étaient déjà tous complets et nous avons donc séjourné à Uis, dans un petit B&B bien sympathique, la 3 Aloes Guesthouse. Chambre très spacieuse, petite piscine, et petit-dej à emporter très copieux puisque nous partions tôt le matin. Voir plus de photos et les tarifs actuels ici.

Si vous réservez bien à l’avance, le mieux reste tout de même de loger au White Lady Lodge, d’où partent les excursions pour voir les éléphants du désert, car cela vous évitera de devoir conduire de nuit (à l’aller pour l’excursion du matin ou au retour pour l’excursion de l’aprem, mais on y échappe pas et les routes sont en assez mauvais état dans cette région).

Si vous passez par Uis, je vous recommande aussi d’aller manger au Cactus & Coffee, un petit café rempli de cactus, le cadre est vraiment très mignon ! J’y ai mangé le repas le plus namibien possible : kapana, pap et vetkoek.

Les peintures rupestres de la Dame Blanche

Après nous être installés à notre hébergement en début d’après-midi, nous avons commencé par faire la visite des White Lady Paintings, les peintures rupestres de la Dame Blanche, qui est l’un des spots d’art rupestre les plus connus de Namibie, avec Twyfelfontein. 

On ne peut y accéder qu’avec un guide et il faut randonner jusque là : avec les pauses, nous avons mis à peu près 3 heures aller-retour. L’accès est assez facile, il faut juste crapahuter sur quelques roches à la toute fin du chemin. N’arrivez pas trop tard, car les derniers départs avec guide se font 3-4 heures avant le coucher du soleil.

Nous avons été les derniers à partir ce jour-là, et l’avantage c’est que le chemin s’est vite retrouvé dans l’ombre : ce n’est pas plus mal, car en plein soleil je pense que ça aurait été un vrai calvaire ! En plus, l’autre avantage d’aller en fin d’après-midi, c’est que c’est l’heure à laquelle sortent tous les damans ou « dassies » en anglais, ce tout mignon petit cousin de l’éléphant. Il y en avait partout ! Et c’est aussi à la même heure que notre guide était tombé, même pas une semaine avant, nez-à-nez avec un léopard !

Au bout du chemin, on peut enfin admirer ces peintures rupestres millénaires qui sont entourées par pas mal de mystère. Elles auraient été réalisés par les San (bushmen), il y a plus de 2000 ans. Et la dame blanche qui lui donne son nom est en réalité… un chaman !

J’avais beaucoup hésité sur notre itinéraire dans le Damaraland mais je suis contente d’avoir finalement choisi de visiter ce site plutôt que le rock art de Twyfelfontein : il est plus fréquenté car classé à l’UNESCO, mais c’était aussi un plus gros détour par rapport à notre chemin vers Etosha. De ce que j’ai pu voir, l’expérience à la White Lady était bien plus scénique et plus intimiste. Je ne regrette donc pas du tout mon choix.

A la rencontre des éléphants du désert

Le lendemain matin, nous avons rejoint avant le lever du soleil le White Lady Lodge pour participer à l’excursion pour chercher les éléphants du désert. Ces éléphants, qui sont malheureusement de moins en moins nombreux, sont une espèce particulière qui s’est spécifiquement adaptée au désert : ils sont plus petits mais ont de plus grosses pattes, car ils marchent de longues distances. 

Ils étaient encore 3000 dans les années 1980, aujourd’hui on estime leur nombre entre 150 et 350 pour l’entièreté du pays. La faute au braconnage, véritable fléau en Namibie. Ces éléphants vivent en famille le long de cours d’eau asséchés du Damaraland : nous sommes partis à la rencontre du groupe de la Ugab River.

Par soi-même, il est très difficile de les trouver. Dans la région du Brandberg, le Brandberg White Lady Lodge est l’un des seuls à proposer des tours quasi quotidiens pour partir à leur rencontre. Téléphonez la veille si vous n’y logez pas pour confirmer le départ du tour et réserver vos places. Les tours peuvent être annulés si les éléphants ont été repérés trop loin.

On a eu de la chance, car la veille les tours avaient été annulés car les éléphants avaient été repérés dans une zone de marécages à plus de 3 heures de route du lodge. Nous avions donc 50% de chance d’en voir : soit ils s’étaient encore plus éloignés, soit ils s’étaient rapprochés. Mais vu le « pattern » de leur comportement, on nous annonce de bonnes chances d’en voir.

Au lever du soleil, nous avons donc embarqué dans un vieux camion-jeep ouvert (jamais vu ce type de véhicule avant !), qui a du en voir du haut de ses 69 ans…

La route est longue et secoue bien. On s’arrête un instant pour admirer le moment, juste après le lever du soleil, où la montagne semble être en feu.

Après plus de deux heures de route, ça y est, nous tombons enfin sur un mâle solitaire. Le groupe ne doit plus être loin ! Nous y arrivons rapidement : ils sont en train d’avancer avec le Brandberg derrière eux… Quel moment magique ! Ce n’est pas la première fois que je voyais des éléphants, mais la rareté de ceux-ci, et la difficulté pour aller jusque-là, a rendu cette rencontre vraiment unique. Ce fut vraiment l’un des moments fort de ce voyage ! Même pas besoin de téléobjectif, ils sont venus tout près de nous. 

Après les avoir observés un bon moment, nous avons pu sortir de la jeep pour prendre un verre en attendant qu’ils avancent encore plus. On a finalement du partir quand ils ont commencé à se battre ! L’excursion aura au final duré beaucoup plus longtemps que prévu mais quel bonheur d’avoir pu vivre ça…

De retour au lodge, on a aussi pu observer les mangoustes qui se sont installées dans leurs jardins et même dans leurs cuisines ! 

Pour repartir, on a décidé de suivre le lit de la rivière par nous-mêmes, pour couper court, car nous savions que les éléphants n’étaient pas de ce côté-là et qu’il n’y avait donc aucun risque (je déconseille de le faire sans guide si vous ne savez pas où se trouve les éléphants car leur comportement peut être imprévisible).

Vingerklip et son lodge coup de coeur

Nous avons enfin repris la C35 pour rejoindre notre dernière étape dans le Damaraland : Vingerkip, connue également pour ses formations rocheuses étonnantes qui se trouvent au beau milieu d’un grand plateau désertique.

La zone est accessible grâce à différentes randonnées possibles au départ du Vingerklip Lodge, où nous avons passé la nuit et qui fut l’un des hébergements les plus uniques de ce voyage.

Nous avions réserva la suite « Heaven’s Gate » (« suite de Luxe » sur Booking) et je dois dire que nous ne nous attendions pas à vivre une telle expérience ! En effet, cette chambre se trouve au sommet du mesa, alors que le reste du lodge se trouve en bas. Il fallait donc faire une petite randonnée pour arriver jusqu’à cette chambre très particulière ! L’accès est un peu long mais facile : c’est un chemin de terre suivi par un escalier en métal pour arriver au sommet (15 bonnes minutes de montée au total).

Comme cette chambre est éloignée du reste du lodge, il y a quelques bonus très sympathiques lorsque vous réservez cette chambre : vous avez un mini-bar ultra complet (bières, vins, prosecco,…) inclus dans le prix, le petit-déjeuner vous est servi en chambre le matin et le repas du soir se trouve dans le restaurant du sommet, qui est normalement accessible avec un supplément pour les autres clients du lodge (ce n’était indiqué nulle part à la réservation mais c’était donc de bonnes surprises).

La chambre, située dans un chalet au bord de la montagne, était vraiment tout confort : il y avait même la climatisation, et l’intérieur avait été récemment rénové. Sur certaines photos en ligne, on voit encore une petite piscine dans la chambre, mais celle-ci a été remplacée par un bain nordique chauffé au feu de bois qui se trouve en extérieur, et que l’on nous a préparé à notre arrivée. C’était vraiment l’emplacement parfait pour profiter du coucher du soleil : quelle vue !

 

Le restaurant du sommet se trouvait à une bonne distance, de l’autre côté du plateau, et le chemin d’accès à la chambre est privatif : personne ne peut donc s’approcher et cela reste donc très isolé. Le seul bémol de cette expérience était le repas du soir qui était correct mais sans plus.

Au niveau des randonnées dans la zone, nous n’en avons finalement fait qu’une seule, pour aller aux pieds du rocher qui donne son nom à l’endroit, le Vingerklip. Il faisait tellement chaud, et sans aucune ombre, que ça nous a bien suffit, mais si vous avez du courage il y a plusieurs circuits plus longs à faire aussi. Il y a aussi deux piscines communes dans la partie basse du lodge.

Voir plus de photos et les tarifs actuels ici.

 

Découvrez mon itinéraire complet en Namibie dans cet article : Roadtrip en Namibie : mon itinéraire de 2 semaines

 

Texte et photos : Emmanuelle Hubert et Kevin Berger

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