Le Parc National de Corcovado : notre gros fail au Costa Rica !

Eh oui, même les voyageurs aguerris peuvent parfois se rater, et on peut dire qu’on a pas mal regretté nos choix pour la découverte du sauvage Parc National de Corcovado. Connu pour la diversité de sa vie sauvage, ce parc relativement difficile d’accès est situé dans la Péninsule de Osa au sud de la côte pacifique du Costa Rica. Coup de cœur pour certains, ce parc restera pour nos LE gros fail de notre roadtrip au Costa Rica ! Alors voici tous mes conseils pour ne pas faire les mêmes erreurs que nous, et quand même une super adresse car on s’est rattrapés sur la fin…

Le Parc National de Corcovado en pratique

Les animaux du Parc National de Corcovado

Réserve naturelle unique abritant 2,5% de la biodiversité mondiale, le Parc national de Corcovado est une forêt primaire préservée. Le parc est connu pour ses espèces en voie d’extinction, et en particulier des grands mammifères méconnus. Parmi ces animaux difficiles à voir, on trouve notamment :

  • les péracis : une sorte de cochon présent en Amérique du Sud depuis la préhistoire
  • les tapirs : un herbivore au nez en forme de trompe
  • les jaguars, pumas et ocelots : les félins très, très difficiles à observer (au mieux, on peut repérer leurs traces).
  • les fourmiliers et les tamanoirs (grands fourmiliers), les mangeurs d’insectes – ce sont les seuls que nous avons réussi à voir
  • mais aussi le crocodile américain, qui est aussi une espèce menacée

Accéder au Parc National de Corcovado

Le parc national de Corcovado est probablement l’un des plus difficiles d’accès au Costa Rica pour deux raisons principales :

  • Il est excentré et l’exploration du parc nécessite de passer AU MINIMUM deux nuits dans la Péninsule de Osa.
  • Le parc ne peut se visiter qu’en compagnie d’un guide et les visites guidées sont plus chères qu’ailleurs dans le pays. Il faut donc consacrer un sacré budget à cette étape.
  • Accessoirement, il nécessite aussi plus de marche et de condition physique que les autres parcs que nous avons visités.

L’autre chose à bien comprendre avant de planifier son escapade dans le Parc national de Corcovado est la géographie du parc. Pour faire simple :

  • Le parc est organisé en 6 zones, certaines étant plus propices que d’autres à l’observation animale
  • Il a deux points d’entrée principaux : la Baie de Drake à l’ouest et Puerto Jimenez à l’est.

Les différentes zones du parc national de Corcovado

Voici les 6 zones du parc, des plus touristiques aux moins fréquentées :

  • La Sirena : c’est la station principale du parc et LE secteur à privilégier pour l’observation des animaux rares. Côté mer, on peut aussi observer des crocodiles et des requins. On peut y arriver par la mer depuis Drake, Puerto Jimenez ou Sierpe. Via les terres, c’est plus compliqué : il faut compter 20 km de marche depuis Los Patos ou 16 km depuis La Leona. Attention, ce secteur est fermé en octobre.
  • La Leona : c’est la zone du parc la plus facilement accessible par la route, via Puerto Jimenez. On peut y voir des tortues à certaines périodes de l’année, et d’autres animaux marins puisque c’est également un secteur côtier. Il faut passer par ce secteur pour atteindre La Sirena à la marche depuis Puerto Jimenez (6 heures de marche).
  • Los Patos : c’est une zone de forêt dense, à laquelle on accède par la Rincon River. On y trouve notamment une petite chute d’eau, mais surtout de nombreuses montées et descentes. Ce secteur reculé reste assez fréquenté par les marcheurs car il est relié à La Sirena par LA longue randonnée longue du parc.
  • San Pedrillo : accessible en bateau depuis la Baie de Drake, on y trouve une série de sentiers de différentes longueurs. Ce secteur est en particulier connu pour son coucher du soleil.
  • El Tigre : accessible depuis Puerto Jimenez, c’est la zone la plus difficile du parc qui demande une bonne condition physique et qui permet d’atteindre les points les plus en altitude dans le parc.
  • Los Planes : ce secteur est assez petit et facile d’accès car plat. C’est donc un secteur qui se développe pour les visites à la journée. Côté observation animale, on peut y observer beaucoup d’oiseaux et avec énormément de chance, des espèces plus rares comme le puma.

Drake ou Puerto Jimenez : quelle entrée choisir / où dormir pour explorer Corcovado ?

Comme je vous le disais plus haut, pour accéder au Parc national de Corcovado, vous devrez d’office passer par l’une de ses deux portes d’entrée :

  • L’entrée principale par la mer = la Baie de Drake, à l’ouest : accessible uniquement par bateau depuis Sierpe, la Baie de Drake est l’entrée à privilégier pour découvrir le parc, à condition de ne pas avoir le mal de mer car la traversée peut être fort agitée ! Se baser à Drake permet d’accéder au secteur de La Sirena (le plus riche en animaux) en excursion d’une journée en bateau (une excursion qui peut être arrangée par la plupart des lodges de Drake). Avec un peu plus de temps, vous pouvez également partir de Drake pour aller explorer l’île de Caño, une réserve biologique réputée. Du côté de Drake, les logements sont essentiellement des petits lodges plein de charme (Sunset Lodge, la Aguila de Osa Rainforest Lodge pour se faire plaisir ou pour les plus petits budgets Bella Vista Corcovado).
  • L’entrée principale par la terre = Puerto Jimenez, à l’est : situé sur le Golfo Dulce, qui possède également de très belles plages, Puerto Jimenez est accessible plus facilement puisqu’on peut y aller directement en voiture (attention, pour descendre plus bas, il faut un 4×4 par contre). Depuis ce côté de la côte, on peut également partir pour des excursions en mer pour tenter d’apercevoir dauphins et baleines. Par contre, ce sera plus difficile d’accéder à la journée au secteur de La Sirena depuis ce côté : il faudra passer une nuit en dortoir à la ranger station de La Sirena. La plupart des lodges peuvent vous arranger ça, ou alors vous pouvez passer par des prestataires réputés pour leurs excursions de plusieurs jours, comme Osa Wild. L’autre avantage de Puerto Jimenez est qu’on y trouve des hôtels pour tous les budgets. Si celui-ci n’est pas un problème, privilégiez les lodges les plus proches de l’entrée du parc (La Leona Eco Lodge, Luna Lodge, ou encore les LagunaVista Villas).

En bref, la majeure partie des touristes opteront par facilité pour Drake, alors que les marcheurs choisiront plutôt Puerto Jimenez.

Quand visiter Corcovado ?

Il est recommandé de visiter Corcovado durant la période sèche, qui s’étend de décembre (mais commence de plus en plus tard…) à avril. En dehors de cette période, les averses peuvent rendre certains chemins impraticables. L’accès à Los Patos est notamment fermé durant toute la saison humide (de mai à novembre).

Les températures sont élevées toute l’année à Corcovado, le parc ayant un climat tropical très humide et la plupart des lodges ne possèdent pas de climatisation. Le parc de Corcovado se visite en mode aventure, ou ne se visite pas !

Notre expérience au Danta Lodge

Nous avions choisi de loger un peu en retrait de Puerto Jimenez, au Danta Lodge, un écolodge situé en plein milieu de la jungle, près de la zone de Los Patos. En soi, je n’ai rien à reprocher à ce lodge, à son équipe et à sa démarche écologique, même la nourriture était plutôt très bonne. C’est juste que ça ne peut selon moi pas être votre seul point de chute si vous voulez vraiment découvrir le parc de Corcovado.

Le lodge possède des chambres classiques et des cabanes/bungalows répartis sur leur grand domaine. Nous avons logé dans la cabane « grenouille », dont la terrasse faisait face à un petit étang avec évidemment des grenouilles mais aussi plein d’oiseaux qui venaient y manger et boire. Évidemment, ce n’était probablement pas la cabane idéale niveau moustiques, mais elle était bien éloignée des autres (accessible par un petit chemin surélevé en bois), et spacieuse avec sa salle de bain semi-extérieure. Trois des quatre murs du bungalow n’en étaient pas : il s’agissait juste d’une structure en bois avec des moustiquaires. C’est donc un hébergement à recommander aux amateurs de glamping puisqu’on est au cœur de la nature, avec en bruit de fond constant le bruit de la jungle. Et je n’ai jamais entendu un bruit naturel aussi sonore qu’ici, il y a clairement des animaux en tout genre même s’ils se cachent bien !

Évidemment, il n’y a pas la climatisation dans un tel endroit (et un seul ventilateur au plafond). La première nuit, on a vraiment eu du mal à dormir : la température ne descend pas beaucoup pendant la nuit. Ça allait un peu mieux la deuxième nuit, on finit par s’habituer.

La décoration des parties communes était aussi très sympa, tout en bois et très artistique. Côté ambiance, c’est difficile de vous donner un avis car nous y étions quasiment seuls (il y avait une autre famille la première nuit, puis plus que nous la deuxième !).

Ce qui est vraiment chouette au Danta Lodge, c’est qu’ils possèdent un grand domaine privé où on peut se balader par soi-même (même s’ils proposent aussi des balades avec guide en supplément pour ceux qui préfèrent). Il y a plusieurs trails et comme on est à la frontière avec la zone du parc national, on peut y voir beaucoup d’animaux. D’ailleurs, comme vous le verrez plus bas, on y a vu beaucoup plus d’animaux ici que dans le parc lui-même (ceux qui auront lu ma série d’articles depuis le début diront « encore ! »).

Nous avions également réservé deux des visites que le lodge propose : une visite nocturne dans leur domaine et une visite d’une journée dans la zone de Los Patos, la zone du parc de Corcovado la plus proche du lodge. Nous avons eu le même guide pour ces deux visites. Et comme nous étions seuls au lodge, évidemment nous avons été les seuls durant les visites aussi !

Durant la visite nocturne, nous avons notamment vu un grand groupe de petits singes écureuils (ceux de Corcovado sont encore plus petits que ceux de Manuel Antonio !). Ils dorment tous les jours dans un arbre situé juste à côté de la réception, donc ils sont vraiment faciles à voir. On peut les entendre se chamailler et parfois on voit une petite tête curieuse qui dépasse, c’était plutôt drôle ! Une fois la nuit tombée, on a aussi pu observer plusieurs types de grenouilles, d’insectes et d’oiseaux.

Vu le côté excentré du lodge, nous y avons pris quasiment tous nos repas. Gros point positif de ce côté-là, puisque c’était très bon ! J’y ai notamment mangé un des meilleurs steaks au thon de ma vie. Par contre, il s’agit vraiment de prix à l’américaine (autrement dit, vous pouvez manger une semaine dans des sodas pour le même prix…).

L’excursion d’un jour dans la zone de Los Patos

Comme je vous le disais plus haut, nous avions également réservé au Danta Lodge une excursion d’un jour dans la zone Los Patos du Parc national de Corcovado. Et j’ai bien regretté mon choix !

Le premier problème de cette excursion est qu’elle part beaucoup trop tard : c’est bien de laisser à tout le monde le temps de se lever, mais les animaux, eux, sont surtout actifs au premier matin. La route pour arriver au parc prenant du temps même si elle n’est pas longue, nous y sommes arrivés bien trop tard. Donc avant de réserver une excursion via un lodge, je vous recommande vraiment de vérifier les heures précises de celle-ci.

Ensuite, l’excursion fut en elle-même un gros fail. Nous avions choisi Corcovado surtout pour ses animaux rares (c’est surtout pour ça que ce parc est connu) et on a littéralement vu 0 mammifères, à peine quelques oiseaux et quelques reptiles sur des kilomètres et des kilomètres de marche (on en a fait 15 au total, qui m’ont semblé interminables) dans une jungle dense avec plus de 30 degrés au compteur !

Je dois dire que je ne m’attendais pas à ça. En fait, c’est représentatif d’un des aspects négatifs du Costa Rica : c’est devenu une destination tellement populaire que certains endroits sont vraiment survendus, par les guides et les agences de voyages. Alors que dès qu’on a commencé à parler avec les locaux sur place, ils étaient tous d’accord sur une chose : la seule zone vraiment intéressante si on cherche à voir des animaux est la zone de La Sirena. Et comme les animaux se montrent surtout très tôt le matin ou pendant la nuit, il faut dormir dans le dortoir de la ranger station de La Sirena pour optimiser ces chances, il n’y a pas d’autre solution. Dans les autres zones, oui, on peut faire des randonnées sauvages (hors de prix par rapport aux autres parcs du pays…) au milieu de nulle part, mais l’intérêt s’arrête souvent là. Bref, je ne vous conseille en tout cas pas de ne faire que cette excursion si vous venez dans la Péninsule de Osa. Ça peut par contre être une bonne idée pour une première étape avant de descendre au bout de la péninsule dans la zone de La Sirena.

Finalement, le point fort de cette excursion a probablement été la route pour y arriver ! En effet, pour rejoindre la ranger station de Los Patos, il faut suivre une rivière pendant 6 kilomètres et la traverser à 20 reprises. On avait parfois de l’eau jusqu’au-dessus des roues du 4×4 (heureusement bien surélevé !), c’était toute une aventure ! Il faut dire que nous étions là juste au début de la saison sèche et que la route qui mène à la station est fermée durant la saison humide car l’eau monte trop haut. Et puis je dois aussi admettre que je n’avais probablement jamais randonné dans un endroit aussi reculé. On avait vraiment l’impression d’être dans un endroit encore inexploré.

Je dois aussi préciser que, puisque nous étions seuls, le guide nous a fait faire un plus grand circuit que d’habitude. L’intention était bonne, puisqu’on ne voyait aucun animal et qu’il estimait qu’on marchait bien. Je pense qu’il n’y a normalement que 6 km environ à marcher durant l’excursion classique à Los Patos. Au bout d’une heure et demi de marche supplémentaire, je me suis rendue compte qu’on ne faisait pas une boucle, mais qu’il faudrait remarcher tout dans le sens inverse. J’ai rarement eu une telle sensation d’impuissance ! Imaginez, vous êtes au milieu de nulle part, accablé par la chaleur, pensez que vous êtes bientôt arriver et vous réalisez soudainement que vous êtes obligé de remarcher au moins 2 heures pour vous sortir de là, pas d’autre choix ! J’en ris maintenant, mais sur le moment même, je n’en menais pas large. Sachant que la difficulté était vraiment plus la chaleur que les montées et descentes permanentes sur la balade (ce n’est pas plat mais rien d’insurmontable non plus avec un peu de condition physique). Bref, prenez beaucoup, beaucoup d’eau pour visiter le parc de Corcovado !

Heureusement, la randonnée finissait par un « petit » détour vers une chute d’eau où j’ai vraiment bien failli entrer toute habillée ! Quel bonheur de s’y rafraîchir en mangeant son lunch tout aussi mérité.

Malgré toutes ces péripéties, nous sommes tout de même rentrés assez tôt au lodge. On a donc décidé d’aller faire un tour du côté de la plage, à la Playa Colibri, où on a vu plein d’aras, de toucans et de perruches. C’était donc ici qu’ils se cachaient tous !

Pour finir la journée, nous avons finalement choisi d’aller manger dans un soda (Soda Leila), un petit resto local, où on a bien mangé pour quasiment rien.

Sierpe Mangrove Tours : le tour en bateau immanquable dans la Péninsule de Osa

Le lendemain, avant de quitter la Péninsule de Osa, nous nous sommes arrêtés à Sierpe où nous avons fait un super tour en bateau avec Sierpe Mangrove Tours. La mangrove de Sierpe est considérée comme la plus riche au monde au niveau de sa biodiversité. Franchement, si vous n’avez pas envie de marcher beaucoup, c’est LE bon plan pour voir plein d’animaux ! Même si on se trouve à l’entrée de la péninsule, on trouve plus ou moins les mêmes animaux que dans le parc de Corcovado, et les petits bateaux permettent d’en voir beaucoup plus en quelques heures seulement. On y a vu 3 sortes de singes (et notamment des singes hurleurs de près, ce qui est plutôt difficile), des aras et plein d’autres oiseaux, des boas (!), des grenouilles, des chauve-souris et même un de ces mammifères rares, un fourmilier ! L’excursion en bateau dure trois bonnes heures et à nouveau nous avons eu un bateau et un guide pour nous tous seuls ! Sierpe Mangrove Tours propose des tours en anglais, ou en français avec un petit supplément. J’ai vraiment adoré cette balade, c’était si calme et paisible… Si possible, essayez de faire cette excursion le matin pour voir plus d’animaux. Les horaires dépendent des marées : renseignez-vous quelques jours avant.

Après avoir passé la matinée sur l’eau, nous avons été manger dans le petit resto qui se trouvait juste à côté de l’embarcadère, la Marisqueria Las Vegas. On y a mangé un casado, le lunch traditionnel ici, au poisson. Plutôt bon et pas cher !

 

Texte & photos : Emmanuelle Hubert & Kevin Berger

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