Deux jours de rêve dans la forêt de Waipoua : kiwis, kauris & glamping

Après avoir remonté la côte est depuis Auckland jusqu’à la Bay of Islands, nous avons continué notre roadtrip sur la côte ouest du Northland, également appelée la « Kauri Coast », du nom des arbres géants millénaires que l’on trouve dans cette région de la Nouvelle-Zélande, les kauris. Les plus grands kauris se trouvent aujourd’hui dans la Waipoua Forest, un des derniers vestiges d’une ancienne forêt originelle qui recouvrait auparavant une bonne partie de l’île du Nord, et également l’un des meilleurs endroits de l’île pour avoir une chance d’apercevoir le (très) furtif kiwi, l’animal emblématique de la Nouvelle-Zélande. La Waipoua Forest fut donc notre destination pour deux journées d’exploration et reste parmi l’un de nos plus beaux souvenirs de Nouvelle-Zélande : il faut dire que nous avons eu la chance folle de voir un kiwi, et que nous avions trouvé comme base un magnifique site de glamping dans la forêt, ce qui nous a permis d’y vivre une expérience vraiment unique !

Où dormir dans la forêt de Waipoua ?

Il y a très peu d’hébergements dans la forêt de Waipoua, qui reste étonnamment une région assez peu développée touristiquement (mais tant mieux, ça lui donne encore plus de charme !). Idéalement, je vous conseille de loger pas trop loin du Trounson Kauri Park qui est LE spot pour observer les kiwis durant la nuit (je vous en parle plus bas) pour vous faciliter le retour de nuit. Après le camping qui se trouve juste à côté du parc, Highfield Forest Retreat, l’hébergement de glamping où nous avons logé (voir ci-dessous) est l’un des plus proches mais il faut compter un certain budget, tout comme pour le Waipoua Lodge, un des seuls hôtels (le seul ?) situé sur le tronçon de la Highway 12 qui traverse la forêt de Waipoua. Le village de vacances du Kauri Coast TOP 10 Holiday Park est par contre une option plus abordable et qui organise des visites de nuit pour voir les kiwis (nous l’avons entr’aperçu puisque nous avons participé à l’une de leurs visites). Et si vous comptez visiter les lacs Kai Iwi dont je vous parle également ci-dessous, vous y trouverez une autre option abordable, le Kai Iwi Lakes Resort, un village de vacances avec des maisons de vacances, des tentes et des dortoirs. Bref, malgré le peu d’options existantes, en réservant bien à l’avance, il y a quand même moyen d’accommoder tous les budgets dans la région comme vous pouvez le voir !

Highfield Forest Retreat (Canopy Camping), glamping de rêve dans la Forêt de Waipoua

Comme je vous le disais donc, nous avons logé deux nuits dans un lieu incroyable au cœur de la Forêt de Waipoua, le Highfield Forest Retreat, un campement glamping de luxe (façon « tented camp »), ultra spacieux et privé, en bordure de forêt. Il s’agit du premier des trois hébergements de ce voyage que nous avions réservé chez Canopy Camping, qui propose une collection pointilleuse d’hébergements insolites de charme dans tout le pays.

D’un côté, nous avions notre petit campement complet dans la forêt, avec une tente safari bien équipée (vrai lit, chauffage, etc), une cabane avec le salon et la cuisine (équipée aussi), un espace douche intérieur, un autre petit cabanon avec les toilettes, une terrasse avec un grand barbecue, un hamac, et enfin le meilleur pour la fin, une baignoire extérieure au pied des arbres… Splendide !

Mais cela ne s’arrêtait pas là puisque, côté champs, nous avions également rien que pour nous un espace cocooning avec de quoi faire un petit feu de bois, avec la vue panoramique sur les pâturages entourant cet îlet de forêt préservée que constitue la Waipoua Forest. Le spot parfait pour profiter du coucher du soleil avec une petite bière locale.

J’ai adoré l’ambiance qui m’a rappelé les safaris d’Afrique (sauf qu’ici on cherche les kiwis et pas les lions !). C’était vraiment très bien équipé, avec plein de petites touches sympas pour parfaire le mode aventure comme le frigo à l’ancienne âgé de plus de 100 ans, qui fonctionnait en y plaçant un énorme glaçon ! Je vous recommande de faire vos courses avant d’arriver : nous avions fait le plein chez Countdown en chemin et nous nous sommes régalé avec des ribs d’agneau marinées incroyables.

Et puis, il faut vraiment reparler de cette baignoire extérieure, parfaite pour un moment cocooning en pleine forêt, avec des bougies et de l’eau bien chaude. J’ai rarement pris un bain dans un endroit aussi unique. Bref, j’ai eu un gros coup de cœur pour cet endroit ! Il y a aussi beaucoup d’oiseaux à observer, et pour les chanceux en tendant l’oreille vous pourrez peut-être même entendre un kiwi puisqu’il y en a ici aussi.

Notre tête à tête avec un kiwi au Trounson Kauri Park

Depuis notre camp, nous n’étions pas très loin du Trounson Kauri Park, un des meilleurs endroits (de tout le pays) pour voir un kiwi, cet étrange oiseau national qui ne sait pas voler.

La loop track est courte et facile et les passerelles en bois permettent de chercher un peu plus facilement les kiwis. C’est de nuit que tout le monde s’y rend puisque c’est à ce moment-là que les kiwis, qui sont des animaux très peureux, sont de sortie. J’avais décidé de passer deux nuits dans le coin pour doubler nos chances de voir un kiwi, ce qui est quand même « the achievement » à atteindre en Nouvelle-Zélande… Et même si on y croyait pas du tout après une balade nocturne guidée plutôt foireuse le premier soir, on s’est quand même motivés à braver le froid et à y retourner le deuxième soir tous seuls et finalement, contre toute attente, nous en avons vu un jeune kiwi, et plutôt même assez bien !

Autant vous le dire tout de suite, il n’y a vraiment aucune garantie de voir un kiwi même en y allant plusieurs soirs d’à filée. D’ailleurs, quand on disait à des néo-zélandais qu’on avait vu un kiwi, certains ne nous croyaient même pas car après une vie à habiter là ils n’avaient encore jamais réussi à en voir, ça veut tout dire ! Donc il faut avant tout un énorme coup de chance.

En ce qui concerne la visite à laquelle nous avions participé le premier soir, il s’agissait de celle organisée par le Kauri Coast Top 10 Holiday Park. Je ne sais pas trop si je dois vous conseiller de participer à une visite guidée. D’un côté, être en groupe n’aide clairement pas à spotter un animal si peureux qu’il décampe dès qu’il repère un être humain, et notre groupe était beaucoup trop grand donc je pense que même si le guide en avait repéré un, on aurait rien vu mais. Mais de l’autre côté, je ne sais pas si on aurait réussi à trouver le kiwi par nous-mêmes le second soir si nous n’avions pas eu toutes les explications et conseils du guide le premier jour.

Selon notre expérience et les conseils du guide, je résumerais donc la meilleure tactique pour voir un kiwi comme ceci :

  1. Avoir de la chance
  2. Utiliser de la lumière rouge uniquement pour s’éclairer car ça leur fait apparemment moins peur (nous nous étions procuré cette lampe frontale avec lumière rouge chez Decathlon avant le voyage).
  3. Faire le moins de bruit possible
  4. Ouvrir grands les oreilles plus encore que les yeux : les kiwis font souvent des petits bruits reconnaissables en enlevant la terre de leur bec et leur cri est très reconnaissable (je vous recommande de regarder des vidéos sur YouTube pour vous familiariser avec ces bruits, il en existe plein !).
  5. Essayer de venir en dehors des heures des visites guidées (je crois qu’il devait être presque minuit et on était les seuls sur le sentier quand on a vu le kiwi)
  6. Persévérer ! Si nous n’avions fait qu’un essai, nous n’aurions rien vu, et même au deuxième essai on a bien failli faire demi-tour au bout de deux minutes car notre lampe rouge n’éclairait pas assez le chemin.

Et finalement, quand toutes les conditions sont réunies, ça fait un souvenir inoubliable ! Moins de 10 minutes après nous être résignés à utiliser une lampe à lumière blanche (en lumière faible) pour ne pas nous casser la figure sur les pontons en bois, il me semble entendre un petit bruit qui pourrait être un kiwi. Et là, je le vois, juste à côté du ponton : il était en train de manger sous un buisson !

A la base, je ne comptais vraiment pas prendre de photo du kiwi au vu des conditions lumineuses et aussi car on nous avait dit qu’avec la lumière d’un appareil (de focus, surtout pas le flash !), ils se barraient direct. Mais comme notre kiwi ne semblait pas nous avoir vu (étrangement), après l’avoir déjà bien observé, j’ai tenté le coup – et évidemment, il s’est enfui… sous le boardwalk ! Verdict : la seule photo nette est une de son cul, haha ! Par contre, en regardant par dessous le boardwalk (un peu plus loin pour ne pas trop l’effrayer), on l’a bien vu, avant que finalement il ne s’enfuie en se dandinant, d’abord à un endroit où on pouvait encore un peu l’observer (et les kiwis sont tellement funs à observer, je vous jure !), avant qu’il ne s’enfonce plus loin dans la forêt.

Lorsque nous avons vu le kiwi, nous étions encore fort proches de la lisière de la forêt ce qui veut dire, si l’on en croit le guide de la veille, qu’il s’agissait sans doute d’un juvénile :  les kiwis s’organisent en « cercle » avec les plus jeunes/moins expérimentés (et donc plus facile à observer) chassés aux extrémités de la forêt par les plus vieux qui occupent le centre. Notre kiwi n’avait donc peut-être pas encore beaucoup d’expérience avec les humains, ce qui explique pourquoi nous avons pu l’observer si longuement.

Franchement, je m’épate toujours de l’avoir repéré : c’est vraiment, vraiment un coup de bol.

A la découverte des kauris, les arbres géants de Nouvelle-Zélande

La Waipoua Forest est le vestige d’une énorme forêt jurassique qui recouvrait la quasi entièreté de l’île du Nord, dominée par des kauris, des arbres gigantesques endémiques, vénérés par les maoris, qui figurent parmi les plus grands et plus vieux arbres au monde. Fun fact : si on plantait des séquoias et des kauris dans la même forêt, les kauris finiraient par dominer les séquoias géants car la taille des kauri est déterminée par les arbres qui les entourent (ils cherchent toujours à dominer la canopée).

La forêt de Waipoua, dense et très protégée, ne se visite pas comme on veut. En réalité, à cause d’une maladie qui attaque les kauris (kauri dieback disease), il n’y a plus que quelques sentiers d’ouverts au public, afin de protéger au maximum ces arbres millénaires. Pour les protéger de cette même maladie, il faut également laver et frotter ses chaussures à chaque fois qu’on entre dans un endroit où il y a des kauris.

Notre premier arrêt fut la balade (20 minutes aller, facile) jusqu’au Te Matue Ngahere, le deuxième plus grand kauri vivant de Nouvelle-Zélande. Les autres sentiers partant du même endroit étaient fermés lors de notre visite.

Ensuite, nous avons été voir le Tane Mahuta (juste à côté de la route, 5 minutes de marche), le plus grand kauri au monde et un des plus grands êtres vivants de notre planète. Cet impressionnant arbre aurait entre 1250 et 2500 ans.

Il y a un foodtruck sur le parking qui vend de bonnes choses à manger (comme il n’y a vraiment aucune ville dans le coin !) et notamment de la délicieuse real fruit ice cream préparée minute. Celles aux boysenberry (mûres de Boysen) sont les meilleures si vous venez à la bonne saison – je crois que c’est mon nouveau fruit préféré !

Et puis, même sans pouvoir se balader plus, la Highway 12 qui traverse la forêt est en elle même déjà assez incroyable : on a vraiment l’impression d’être au milieu de nulle part.

Balade paradisiaque autour des lacs Kai Iwi

En passant de la côte ouest à la côte est, nous avions déjà eu un choc en voyant apparaître aussi soudainement une dense forêt après des kilomètres et des kilomètres de champs à perte de vue. Et nous avons eu droit à un deuxième changement de décor soudain en allant explorer les lacs Kai Iwi, trois lacs de dunes bordant la mer de Tasman, à quelques kilomètres seulement de la forêt de Waipoua. La couleur de l’eau et les panoramas à l’approche des lacs sont paradisiaques. Pourtant, il s’agit d’un endroit encore moins touristique que la forêt de Waipoua ! Incroyable, non ? Nous avons randonné autour du plus grand lac sans croiser personne. Si vous avez la journée devant vous, vous pouvez emprunter plusieurs sentiers pour faire le tour quasi complet de ces lacs. Et s’il fait beau, vous pouvez vous arrêter et faire comme les locaux : vous y baigner !

 

Notre prochaine étape : la Péninsule de Coromandel

 

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