Touriste à Bangkok pendant l'Etat d'urgence

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Touriste à Bangkok pendant l’Etat d’urgence: mon expérience et quelques conseils

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Vous le savez déjà si vous me suivez sur les réseaux sociaux, nous sommes rentrés d’un grand voyage en ex-Indochine ce lundi, et notre dernière étape était la Thaïlande, et Bangkok plus précisément. Notre itinéraire avait été décidé et finalisé depuis plus d’un mois lorsque nous sommes partis, alors il n’était pas questions d’annuler notre étape à Bangkok à cause de l’actualité – d’autant plus que c’est moi qui avait insisté pour y passer… Je ne pensais pas écrire un article traitant de ce sujet dont on parle beaucoup dans les médias pour le moment (si vous vivez sur une autre planète, je vous renvoie sur les sites du Soir ou de La Libre par exemple pour ratrapper votre retard…), mais après plusieurs questions de lecteurs ayant planifié un voyage à Bangkok dans les jours ou les semaines qui viennent, je me suis dit qu’un article serait peut-être une bonne idée, car on entend beaucoup de choses dans les médias qui ne reflètent pas forcément la situation telle qu’elle est sur place ! Alors, entre vos familles qui veulent vous retenir de partir à Bangkok « parce que c’est la guerre là bas hein! » (sic), et l’office du tourisme thaïlandais et l’ambassade de Belgique qui vous rassurent quand même (jusqu’à présent…), qui écouter? Un peu des deux, en fait…

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Nous sommes arrivés à Bangkok deux jours après que l’état d’urgence ait été imposé. Deux semaines plus tôt, à la baie d’Halong, on avait déjà entendu un voyageur français raconter comment il avait failli ne jamais arriver à son hôtel à Bangkok tellement le centre était bloqué. Au fil des jours, on avait donc suivi l’évolution de la situation depuis le Vietnam puis le Cambodge, jusqu’à cette décision d’imposer l’état d’urgence… A partir de ce moment, tous les gens à qui nous disions que notre prochaine étape était Bangkok nous regardaient genre « oh les pauvres – ça c’est pas de bol », ou nous lançait un « courage, je suis sur que ça va bien se passer… » pas vraiment convaincu.

Pourtant, le premier jour, nous aurions même pu croire que rien de spécial ne se passait dans la ville… Nous sommes arrivés quelques minutes à l’avance à l’aéroport de Bangkok, nous avons récupéré nos sacs vite fait bien fait, et pris le Airport Train (pour info, l’Express est inutile, il vous fait gagner 10 minutes et coûte 3 fois plus cher…) jusque Phaya Thai Station. De là, nous étions encore à 4 km de notre hôtel, qui était situé à 5 min à pied de la fameuse Khao San Road. Bonne surprise, nous tombons sur un stand officiel qui est tout spécialement là pour aider les touristes, et une dame nous place dans un taxi officiel (avec taxi-mètre) en traduisant notre destination au chauffeur. Bon, à peine dans le taxi que celui-ci a tenté sa chance en nous proposant un « flat rate » (100 Baht) alors que je savais qu’il fallait toujours exiger le « meter ». Après l’avoir menacé de sortir, celui-ci l’a donc mis, et nous sommes arrivés à destination pour la moitié du prix 😉 Bref, premières heures à Bangkok plutôt prometteuses…

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Le lendemain, sachant que la circulation était quand même problématique, nous avions décidé de nous déplacer grâce aux « bateaux-bus » circulant sur le Chao Phraya. Là aussi, on tombe bien, avec un thaïlandais qui nous explique que l’on peut prendre le bateau avec drapeau orange (15 baht) pour notre destination et non celui à touriste (drapeau bleu) qui coûte beaucoup plus cher (40 ou 50 baht je crois?). Si il y a bien un moyen de transport qui n’est pas perturbé par les manifs, c’est bien celui-là en tout cas ! La seule difficulté est de bien repérer à quel arrêt descendre, mais à part ça c’est très facile et nous avons essayé de privilégier ce moyen de transport pendant nos 4 jours sur place.

Le matin du deuxième jour, nous avions décidé d’aller faire les visites « classiques », Grand Palais, etc (je vous en reparlerai plus tard dans un autre article)… et là encore, on pourrait croire que rien ne se passe: les touristes sont là, et en nombre ! Et tout le quartier touristique fonctionne à 100% ou presque.

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Là où les choses commencèrent à devenir un peu plus compliquées, c’est l’après-midi. Nous avions décidé d’aller faire du shopping à Siam Square, là où se trouvent tous les shopping malls. On s’était dit qu’on irait à pied, et que l’on reviendrait en taxi. En chemin, nous tombons donc sur nos premières rues coupées à la circulation. Nous traversons un campus étudiant déserté, puis tombons nez-à-nez avec une manifestation. Et là, ce fut plutôt une surprise ! Nous qui nous attendions à quelque chose d’un peu violent, nous tombons sur… une sorte de foire ! Et c’est ce à quoi ressemblent en fait toutes les manifestations que nous avons croisé: des allées de marché où l’on vend des « goodies » à l’image de la protestation et aux couleurs de la Thaïlande, de la street food à profusion, des tentes sur le côté, une petite scène avec quelqu’un parlant non-stop dans un micro, parfois entrecoupé de quelques applaudissements. Voilà ce dont le monde entier parle… Vu comme ça, ça n’a pas l’air bien méchant… Et les centres commerciaux sont ouverts, et il y a même relativement peu de monde, donc c’est plutôt facile pour faire son shopping… Voilà le bon côté des choses ! Cependant, en repartant, impossible de trouver un taxi voulant mettre son taxi-mètre… Et c’est là que la situation a commencé à *légèrement* m’énerver, maintenant que l’on avait une idée plus claire de ce qui se passait vraiment, ou en tout cas de ce que nous en tant que touristes nous pouvions voir. NON, il n’y a aucun risque pour les touristes (si vous ne vous mêlez pas de leurs affaires en tout cas…), mais OUI, les thaïlandais en profitent, et pas qu’un peu !! Ce n’est pas seulement les taxis, mais beaucoup de petits commerçants et aussi ces faux bureaux d' »aide aux touristes », dégainant leur badge en guise de bonne foi, qui essaient juste, encore plus que d’habitude, de vous vendre l’option la plus chère en profitant de votre peur. Nous avons donc marché 7 ou 8 km à travers manifs et rues bloquées, en pleine chaleur et en se faisant arrêter tous les mètres par des taxis/tuk tuk proposant des prix plus incroyables les uns que les autres (et quand c’est pas ça, ils essayent de vous arnaquer de plus belle: « c’est 300 baht mais seulement 10 baht si vous faites arrêt shopping en chemin monsieur dame »… oui oui, c’est ça!). Je sais que même s’ils gonflaient les prix 4 à 5 fois par rapport au prix normal, ça restait moins cher que chez nous, mais c’est une question de principe pour moi – pas question de céder à ces taxis qui préfèrent faire 1 course avec des touristes pas regardant que de travailler réellement…

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Bref, le lendemain, nous avons passé la journée hors de la ville, en prenant le train jusqu’à Ayutthaya. Vu la gare bondée, je pense que c’est une option vers laquelle beaucoup de touristes se sont tournée également. Les trains roulent tout à fait normalement (on avait entendu qu’il y avait souvent du retard sur les lignes en Thaïlande, mais nous on a eu assez de chance niveau horaires), et hors Bangkok, tout est on ne peut plus normal…

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Pour notre dernier jour complet sur place, ne voulant plus se retrouver à marcher plus d’une heure pour cause de taxi ou tuk tuk hors de prix, nous avions décidé de rester dans le quartier de l’hôtel, et de se reposer avant le départ… C’était un peu la seule chose que nous pouvions faire, vu qu’en plus il ne nous restait plus que l’équivalent d’une dizaine d’Euro en poche…

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Cerise sur le gâteau, pour une fois qu’on voulait se faire une journée piscine – bière – repos… on a eu droit à une prohibition de l’alcool car les pré-élections se déroulaient le lendemain… Impossible d’en acheter, et même les restaurants n’en servaient plus.

Enfin, le jour du départ, nous avons pris les devants, en partant de notre hôtel 5 heures avant l’heure de départ prévue de notre vol. Nous avons marché jusqu’à Khao San Road, car là il y a beaucoup de taxis et tuk tuk, et je m’étais donc dit qu’on aurait plus facilement un bon prix à cet endroit. Après avoir eu des propositions de prix encore plus indécentes que la dernière fois (je pense que nos sacs sur le dos n’aidaient pas…), j’ai repéré un taxi en train de déposer des touristes et dans lequel je pouvais voir le taxi-mètre allumé. Ouf ! Enfin un honnête taxi… J’avais failli perdre espoir ! 40 minutes pour faire 4 km, mais celui-ci nous dépose finalement à la gare d’où nous reprendrons le train vers l’aéroport. C’est donc avec un certain soulagement et le sentiment que ce n’était vraiment pas le meilleur des moments pour découvrir Bangkok que nous sommes finalement monté dans notre avions qui était bien à l’heure…

En conclusion, mes conseils:

* Suivez de près l’actualité, les choses peuvent évoluer rapidement…

* Pour vous rendre de l’aéroport au centre-ville (et vice-versa), privilégiez le train pour éviter les bouchons et les prix gonflés. 

* Pour vous déplacer dans la ville, privilégiez les bateaux-bus, le train et le métro, et quand aucun de ces moyens de transport n’est possible… utilisez vos pieds ! 😉

* Prenez un hôtel facilement accessible en métro ou en train.

* Insistez pour que votre taxi mette sont taxi-mètre, et s’il refuse, cherchez en un autre… Et ne dites jamais oui à un tuk tuk qui vous propose un trajet pour 10 ou 20 Baht si vous faites un « arrêt shopping »… vous risquez de vous retrouver à l’opposé de votre destination !

* Arrivez tôt aux grandes attractions touristiques, car les touristes, eux, ne sont pas en grève…

* Evitez de vous attarder dans les zones de manifestations

* Et si vraiment vous en avez marre, prenez le train ou un vol intérieur vers le nord ou les plages…

A la lecture de cet article, vous vous direz peut-être que je n’ai pas aimé ces quelques jours à Bangkok. Ce n’est pas vraiment le cas, mais je crois que j’ai surtout été très déçue de ne pas pouvoir parcourir la ville comme je l’aurais espéré… Bon, d’un autre côté, la ville n’a apparemment jamais été aussi « clean » depuis des années – moins de trafic (je pense que ce n’est pas tous les jours qu’on voit les grandes artères de Bangkok… vides), moins de pollution,… Et au moins, ça me fera une bonne excuse pour y revenir, n’est-ce pas? 😉

2 commentaires

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